I've been losing you. [OS - B/T - UA]



I've been losing you.____              



Le mois de novembre était à peine entamé et déjà la morosité de cette saison bourgeonnait à chaque coin de rue. Cette vague de froideur et de tristesse s'imprégnait partout, dans tout, n'importe où. Mais surtout, c'était la saison qu'il aimait le plus, cette ambiance macabre qui naissait le faisait frémir, les feuilles qui mouraient les unes après les autres sous ses yeux ; une sensation d'apaisement grimpait à l'intérieur de son corps et lui réchauffait le c½ur. L'automne était la saison qui le faisait se sentir moins seul dans sa lamentable vie, quand les arbres se dénudaient et que tout le monde ne rêvait déjà que du retour de la chaleur, lui était en plein rêve.

Il représentait à lui seul la personnification de la contradiction pure, qui lui avait causée préjudices plus d'une fois dans sa mince vie. Assis sur un blanc, la plume à la main, le bout des doigts rougis par le froid mordant, Bill retraçait sa vie. C'était le temps et la période la plus parfaite pour ce genre de chose : déterrer de vieux souvenirs qui rendent nostalgique. Cependant, pour Bill, cette nostalgie était merveilleuse. Il se perdait dans ces sentiments passés et se laissait bercer par les sensations qu'il en retenait pour mettre des mots sur les plus belles histoires qu'il avait à raconter. Et même si elles n'étaient romanesques et importantes que pour lui, il n'en était pas moins fier.

Elles étaient tout ce qu'il était devenu. Mais surtout, il était devenu ceci grâce à une histoire, l'histoire qui résumait sa vie. Burlesque, pathétique, impatiente, merveilleuse mais avant tout l'épisode qui lui rongeait les tripes chaque fois qu'il y pensait avec toujours cette même intensité, bonne ou mauvaise.

Y repenser lui plaisait, car cela signifiait toujours repenser à Tom. C'était une image enjouée et chaleureuse bien que rien de ce qui y appartenait ne tenait de la pure fantaisie joyeuse. Tout ce qui gravitait autour du prénom Tom était principalement des larmes, un déchirement du c½ur profond que jamais Bill n'avait su réparer. C'était encré dans son âme à l'encre de chine, de sa beauté et son mystère indélébile.

Bill soupira doucement et un petit sourire indéfinissable étira ses lèvres gercées. Il traça des mots ronds, italiques, retraçant par la forme son émotion. Ce n'était pas précis, rien de construit. Une catharsis de son âme, l'objectivation de lui-même qui l'aidait chaque année à passer à travers tout ce qui lui bombardait l'esprit.

Il avait commencé à entretenir ce petit carnet de cuir noir lorsque tout s'était bousillé autour de lui, quand, lorsqu'il avait baissé sa garde, il avait perdu de vu la seule chose qui lui faisait chavirer le c½ur depuis des années. C'était idiot, mais il se sentait vide de ne plus voir sa silhouette marcher à travers le boulevard pour rejoindre le lycée. Ne plus entrevoir ces sourires qui ne lui étaient même pas adressés.

Puis, d'autres années s'étaient écoulées et la seule chose à laquelle il pensait en cette saison automnale était l'absence prolongée du seul garçon dont il n'avait jamais été amoureux. Tom faisait toujours battre son c½ur, si fort, que lorsque par chance il l'entrecroisait au détour d'un carrefour il avait peur que son organe jaillisse hors de sa poitrine. Ses mains tremblaient d'émotion (jamais contrôlée). Ses joues rosissaient adorablement. Sa bouche se desséchait. Mais Tom ne voyait rien de tout cela car bien souvent il ne faisait pas attention à la présence de Bill.

Et lorsqu'il l'apercevait, Tom lui souriait chaleureusement, lui donnant une poignée de main que Bill prenait le temps d'apprécier et alors ils papotaient quelques minutes. Ces instants éphémères permettaient à Bill de garder son rêve inavoué vivant.

C'était tout ça. Tout ce que Bill écrivait dans son petit carnet précieux.

Parfois il s'imaginait la réaction que Tom aurait pu avoir s'il l'avait lu, parfois aussi il s'imaginait sa vie s'il avait avoué à Tom tout ces sentiments qui l'animaient. Et toujours, sa gorge se serrait car au fond de lui il savait que tout aurait pu être différent.

Il mit le dernier point de la journée sur sa page noircie et referma avec précaution le carnet, le déposant sur ses genoux. Il resta là, quelques instants encore à admirer la lumière orangée du soleil couchant, faisant apparaître ci et là des zones de couleurs vives.

Finalement, il reprit le chemin de retour. Constamment le même. C'était une petite routine qu'il remettait en route chaque année. Il aimait se complaindre dans cette mélancolie qui prenait feu en lui lorsqu'il entamait de nouveau ce rituel. Ressentir, sans jamais revivre, son passé. Néanmoins, au final, il en devenait blafard, vide de tout ce qui se passait autour de lui.

Il ne s'intéressait pas plus que ça aux rues qui défilaient sous ses pieds alors qu'il flânait, perdu dans ses pensées. Il avait toujours été comme ça, d'aussi loin qu'il s'en souvienne. Il se suffisait à lui-même dans son petit monde imaginatif, même si cela pouvait vite devenir pesant. Il avait besoin de ces moments rien qu'à lui, juste se retrouver avec lui-même et ne rien avoir d'autre à faire que de traîner. C'était un jeune homme très indépendant, bien qu'il ait toujours voulu appartenir secrètement au doux garçon de ses rêves, il ne comptait que sur lui-même pour ne pas être déçu.

A cette pensée farfelue, il secoua la tête, c'était un terrain glissant, dans lequel il ne voulait pas tomber.

Les formes de son immeuble se dessinaient doucement devant lui. Bientôt, il fut dans son appartement, se réchauffant doucement de sa petite promenade.

C'était ainsi, les journées automnales de Bill. On s'y faisait, tout le monde s'y était fait.


**


Il y a des choses, tel que l'absence, auquel on doit se faire. Il y a l'absence due à une mort, toujours triste et incompréhensible, celle due à la disparition d'un être cher quelque part dans un coin du pays pour diverses raisons, et celle qui ne s'expliquait pas vraiment, l'absence d'une absence. C'était comme vouloir de tout son c½ur que la non présence de la personne (qu'importe qui et où) soit remarquée. Pourtant, elle n'est nulle part ailleurs. Mais on souhaite de tout son c½ur ressentir ce petit pincement de déception quand, le matin au réveil on ne la sent pas, quand au travail elle n'est pas là, car il y a des jours, où elle apparait, un court instant, furtivement, pour embellir la journée et réchauffer les c½urs. Cette absence est inexplicable et absurde.

C'était de cette troisième forme dont Bill était empli.

Il travaillait sans relâche pour ne pas la sentir peser sur ses épaules frêles. Il s'appliquait à ajuster ceci, retoucher cela. Des petits détails qui lui prenaient un temps fou mais qui lui faisait oublier.

Mais ce jour là était différent, il le sentait au fond de lui. Quelque chose lui disait, bien que ce ne soit pas son petit doigt, qu'il allait se passer quelque chose. Il ne savait pas encore quoi, mais plus les heures passaient et plus il sentait ce petit sentiment grandir au fond de ses trippes.

Sans qu'il ne le voit arriver, sa journée était finit, il remballa ses affaires, avant de s'apprêter à partir.

« A demain Nathaniel, » dit-il, souriant au jeune homme à ses côtés. Il ressemblait à son idéal masculin, il entrait dans la catégorie des êtres sur lesquels Bill pouvait craquer. Mais voilà, il y avait un fantôme planant autour de lui, celui d'un jeune homme qui n'avait même pas été son petit ami un jour. Bien qu'il ait eu le coup de c½ur sur Nathaniel les premiers jours, il était vite parti, laissant place à une amitié à laquelle il tenait.

La porte de l'immeuble se referma bruyamment derrière lui et il sourit. C'était encore une bonne journée pour aller au parc.

Bill avait la chance de finir ses journées de travail assez tôt dans l'après-midi, alors, il ne perdait pas une miette des belles journées que la saison offrait. Il arriva bientôt près de son endroit favori. C'est là que son sentiment revint au galop.

Non loin de lui, sur son banc, quelqu'un y était installé. Il soupira, sentant un petit quelque chose s'effondrer dans ses entrailles. C'était là qu'il était le plus inspiré, il ne pouvait pas aller de l'autre côté faire face aux enfants trop bruyant qui arrivaient rapidement après la fin de l'école. Il prit son courage à deux mains pour finalement s'installer aux côtés de l'inconnu.

Il baissa la tête et sortit son petit carnet, sans prêter attention ou jeter un petit regard à l'homme à ses côtés. Doucement, il recommença son petit rituel mais quelque chose clochait. Il sentait sur lui un regard trop insistant. Il leva doucement les yeux et c'est là, à cet instant précis, que son esprit se mit en pause. Une longue pause, une sorte de léthargie passagère.

Seul un « oh » qui faisait écho dans sa tête franchit la barrière de ses lèvres.

Ce n'était juste pas possible, son esprit devait lui jouer un mauvais tour, ou bien était-ce une heureuse coïncidence comme il n'en arrive que dans les films ou dans les romans à l'eau de rose qu'il se plaisait à lire de temps à autre.

L'homme à ses côtés lui fit un large sourire. « Salut Bill. »

Bill crut faire un arrêt cardiaque. Il se sentait plus timide que devant n'importe qui d'autre, même devant son idole il ne serait pas ainsi. « Hey, » souffla-t-il, une fumée s'échappant de ses lèvres gercées. Le prénom Tom, fluorescent, raisonnait et clignotait dans son esprit. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

Tom ricana doucement. « C'est un parc public aux dernières nouvelles. »

« Non je veux dire, ici, en ville ? »

Tom remonta le col de sa veste. « Thanksgiving. »

Bill hocha la tête, se sentant soudain bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il la rabaissa sur son carnet et écarquilla les yeux. Il le referma brusquement avant sue Tom ne puisse voir ne serait-ce qu'un mot de ce qui y était inscrit.

« Ça fait un bail, hein ? » continua Tom, s'allumant une cigarette. « Qu'est-ce que tu fais maintenant ? Tu as fini la fac ? »

« Je travaille dans une boîte de communication, un peu plus loin au centre. » Bill tenta de calmer les pulsions de son c½ur qui se répercutaient jusque dans ses tempes espérant que Tom n'entende pas ce bouquant infernal que faisait son organisme (bien que cela soit improbable). « Et toi ? »

« J'ai été muté il y a peu, dans la boîte de mon père. » Bill sourit se souvenant que Tom lui disait qu'il avait toujours voulu travailler pour son père. « Je reviens en ville ! »

Bill fondit. Tom souriait, il était beau, et c'était un euphémisme. Bill retombait sous son charme, il parait qu'il faut moins d'un cinquième de seconde pour tomber amoureux, Bill en est l'exemple le plus concret.

Ils engagèrent chacun leur tour la conversation, ils ne finissaient finalement plus de parler, Bill buvait les mots qui sortaient de la bouche de Tom comme des notes précieuses. Il savait que ce moment, comme les autres, hasardeux, étaient bien trop court et allait vite faire parti du passé. Il l'enfermerait dans un coin de son cerveau dans le placard qui portait le nom de Tom. Ce vieux placard qu'il ouvrait bien plus souvent que n'importe quel autre.

Tom avait gardé en lui cette part de taquinerie que Bill adorait. Ses mains étaient toujours aussi belles qu'elles l'étaient. Sa bouche toujours aussi désirable. Son nez aquilin toujours aussi adorable. Et ses yeux d'une profondeur sans fin, toujours aussi captivants.

Bill photographia mentalement ce moment, sentant la fin venir. Le soleil se couchait doucement et la température baissait rapidement.

« Je vais devoir y aller. » Tom se redressa, écrasant le mégot de son énième cigarette, en fait, la quatrième, Bill avait compté. « C'était super de te revoir Bill. »

Bill se leva à son tour, prêt à rentrer chez lui. « C'était bien oui, » acquiesça Bill, il se frappa mentalement, ce n'était pas bien, c'était formidable !

Tom s'approcha de lui et l'enlaça furtivement. « On se revoit vite, ok ? Maintenant que je suis en ville, il n'y a plus de raison. »

Bill sourit à s'en décrocher la mâchoire alors que Tom écrivait sur le dos de la main de Bill son numéro. Il rendit son stylo plume à Bill. « Il est merdique ce stylo ! » ricana-t-il. « N'oublie pas de m'envoyer un message, à la prochaine Bill. »

Tom fit un clin d'½il à Bill et repartit dans le sens inverse à Bill.

Bill quant à lui était sur son petit nuage de bonheur. Il ne savait plus comment en descendre, d'ailleurs voulait-il seulement en descendre ? C'était la plus belle journée qu'il ait eu depuis un petit moment. Il sautilla presque comme un enfant sur le chemin du retour. Il souriait à tous les passants et regagna son petit chez lui avec un air d'idiot bienheureux.

Il attrapa vite son téléphone portable, entra le numéro de Tom et lui envoya un message court et simple. Même si ses mains fines tremblaient.


**


Voilà comment tout avait recommencé. Bill envoyant un texto, Tom répondant et puis s'enchaîna un peu plus tard les coups de fil, coups de fil qui au final s'éternisaient et se prolongeaient parfois jusque tard dans la nuit. Bill rêvait Tom, il vivait Tom. Partout il voulait Tom. Plus que tout et n'importe quoi d'autre il le voulait.

Ce jour là, Nathaniel était venu boire un verre chez Bill. C'est alors, qu'après des semaines, Bill consentit enfin à lui raconter toute l'histoire, l'histoire de Tom qui rendait Bill dingue. Il n'omit aucun détail, il n'avait aucunement besoin de le faire lorsqu'il s'agissait de Nathaniel, le garçon qui l'avait parfois récupéré complètement soûl à des soirées avec la boîte. Nathaniel avait tout vu de Bill, connaissait tout de lui et la réciproque était vraie.

« Et alors, il m'a dit qu'il me trouvait encore plus beau qu'avant et... » Bill rougit, il ne pouvait s'en empêcher.

Nathaniel sourit en coin. « Je pense que tu dois tenter ta chance Bill. » Bill était sur le point de répondre mais Nathaniel prit les devants, posant délicatement son index sur les lèvres charnues de son ami. « Garde ça en tête Bill : tu as laissé passer une première occasion il y a six ans, tu as la chance d'avoir une seconde chance. Ne la laisse pas te filer entre les doigts elle aussi. Il te suffit de faire un pas, juste un, et il te tombera dans les bras. »

Bill savait que Nathaniel avait raison. Mais comment faire quand sa timidité face à Tom ressurgissait soudainement lorsque le tressé lui faisait des sous-entendus implicites ? Bill devait passer au dessus de ça.

« Je suppose que tu as raison. »

« J'ai toujours raison, » répondit Nathaniel. « Un autre verre de vin ? »

Bill acquiesça en riant joyeusement. Il était prêt. Il se sentait pousser des ailes. Il voulait affronter Tom, lui dire qu'il l'aimait, lui dire que ça avait toujours était le cas, qu'il ne rêvait que de l'embrasser. Juste ça. Car il est dit que le véritable amour est celui qui n'implique aucun désire physique autre que le visage de l'être aimé. C'est cela l'amour pur, c'est cela que Bill ressent.

Il se leva et partit chercher une autre bouteille de vin blanc à la cuisine. Il revenait la bouteille à la main lorsque la sonnette à l'entrée retentit. Il ne prit pas la peine de poser la bouteille et ouvrit directement la porte.

« Tom ! » Bill faillit s'étouffer.

« Hey, j'espère que je ne te dérange pas, » sourit-il. Il remarqua la bouteille dans la main de Bill, l'indiquant d'un signe de tête.

« Oh, » Bill leva la main. « Je suis avec un ami, mais entre. »

Tom sembla hésiter un instant avant de finalement se laisser guider par Bill dans le salon.

« Je te présente Nathaniel, collègue et ami. Nate, c'est Tom, » annonça Bill, faisait une moue qui voulait dire 'je crois que je n'ai plus le choix'.

Nathaniel se leva, tendant une main chaleureuse à Tom. « Eh bien enchanté Tom. Bill m'a beaucoup parlé de toi. » Bill toussa plusieurs fois avant de faire les gros yeux à son ami. « Je vais devoir vous laisser, ma petite amie doit m'attendre maintenant. Je lui ai promis de ne pas rentrer tard. »

Bill posa la bouteille de blanc qu'il tenait et récupéra la veste de Nathaniel. « Je te raccompagne. »

Ils abandonnèrent Tom un instant dans le salon.

« Ta petite amie ? » Bill leva un sourcil inquisiteur. « Dépêche-toi elle ne va pas être contente, » se moqua Bill.

Nathaniel lui donna une petite frappe sur le haut du crâne. « C'est pour toi que je fais ça, triple andouille. Et demain t'as intérêt à m'appeler et me raconter tous les détails, comment il t'a embrassé, comment.... »

« J'en ai assez entendu, » dit Bill, poussant Nathaniel dehors. « Rentre bien. » Et il referma la porte avant que Nathaniel ne réplique quelque chose d'autre qui pourrait le mettre dans l'embarras, surtout sachant que Tom était là, à quelques mettres de lui, pouvant surement tout entendre. Son ventre se tortilla en y pensant et il rejoignit son nouvel invité dans le salon. Bill lui sourit.

« Il a l'air sympa ton copain, » dit Tom, d'un air décontracté.

Bill débouchait la bouteille de vin. « Ouais, il est comme mon meilleur ami, mais quel boulet parfois, » sourit-il, plus pour lui-même que pour Tom. Il servit un verre à Tom et le lui tendit, avant de porter son propre verre à ses lèvres. « Alors, que me vaut le plaisir de te venue ? »

Tom but une gorgée de vin avant de se racler la gorge. « En fait, je devais te parler. »

« Tu aurais pu appeler. » Bill s'assit sur le canapé, non loin de Tom. « Mais ça tombe bien, j'ai aussi quelque chose à te dire. »

Un petit instant calme, où planait un silence confortable s'installa doucement dans la pièce. Tom regardait Bill, Bill admirait Tom de ses yeux pétillants. Il pouvait faire cela, il y avait une force venu de nulle part en lui qui le poussait à le faire, ne pas fuir. Il avait déjà fuit il y a un certains temps de cela, et voilà où ça l'avait mené. Il inspira un grand coup et avala une bonne gorgée de vin blanc.

« Qu'y a-t-il de si important que tu ne pouvais pas me dire au téléphone ? »

Tom se gratta la nuque, apparemment gêné. Bill sourit intérieurement, il le trouvait si adorable comme ça. Il avait un côté purement masculin et viril, puis ce petit côté enfantin qui lui donnait un charme fou. Bill n'aurait pas été surpris d'apprendre qu'il avait eu un bon nombre de conquête. C'était même plutôt logique pour lui, Tom était capable de faire fondre n'importe qui sous son charme dévastateur. Et Bill pensait que bien souvent le tressé en jouait, avec lui, ou avec d'autres.

« En fait, » commença Tom. Sa voix était hésitante et Bill se tortillait sur le canapé, il osait penser que peut être Tom ressentait aussi la même chose que lui. « Mon père a décidé de m'envoyer dans une autre ville. »

Le fin espoir de Bill s'effondra. Alors voilà, c'était fini, il avait raison de penser que tout était éphémère. Et même si cette fois-ci Tom avait était plus présent que les cinq petites minutes habituelles, c'en était seulement plus douloureux. Sa gorge se serrait juste à l'idée de revoir Tom partir. Mais là Bill pensait que ce n'était plus comme au lycée, il n'avait pas le droit de dire qu'il ne pouvait pas partir parce qu'il l'aimait, il ne pouvait pas faire son égoïste en demandant au tressé d'abandonner sa carrière pour lui alors qu'il ne voyait peut être Bill que comme un simple ami.

Bill finit son verre rapidement, essayant de digérer la nouvelle comme il pouvait. Il se resservit immédiatement et commença reboire un coup. Mais la main de Tom le stoppa dans son geste.

Le tressé abaissa le verre et tourna le visage de Bill verre le sien avec ses doigts. Les yeux de Bill brillaient, comme s'ils étaient prêts à exploser, ils lui criaient de ne pas partir, de ne pas le laisser là ignorant, de pas partir une seconde fois de sa vie... Et c'était difficile pour Bill, plus que n'importe quoi de retenir ses larmes à ce moment. Il voulait juste être seul, s'étouffer sous la couette et pleurer à chaudes larmes. Mais il se retiendrait, malgré les yeux coupables de Tom sur lui.

Tom caressa la joue de Bill avec son pouce et Bill ferma les yeux, couinant. Il se foutait de savoir s'il était pathétique, il se foutait que Tom l'entende. Bientôt, il ne pourrait même plus le voir, à quoi bon.

« Tu es beau Bill. »

Bill aurait fait tomber sa garde en temps normal, mais là non. Il ne pouvait pas ressortir indemne de ça. Il repoussa plus fort qu'il ne l'aurait voulu Tom. Le rejet. C'était la solution la plus simple qu'il avait trouvé. « Tu ne peux pas me dire tout ça. T'as pas le droit de venir ici, me dire que tu pars je n'sais foutrement où et me dire que je suis beau ! » Il finit son verre d'une traite. « Tu débarques de nulle part, chamboule tout ce qui se passe dans ma vie et tu repars comme ça, sans rien d'autre. Juste avec un au revoir. Alors je vais te faciliter le travail : bon voyage Tom, à la prochaine et n'oublie pas de m'envoyer un message une fois de temps en temps. »

Il n'avait pas pu la retenir, cette larme traitresse qui coulait le long de sa joue. Elle était perfide et Bill la détestait de s'être échappée de ses yeux. Elle allait tout faire foirer. Bill faisait tout foirer. Il sentait que sa chance lui glissait doucement et douloureusement des doigts. Il baissa la tête.

« Tu devrais peut-être partir Tom, » s'étrangla Bill, n'osant plus le regarder.

« Je ne peux pas. » Bill releva brusquement la tête. Tom lui souriait gentiment, Bill aurait bien dit amoureusement mais ce n'était définitivement plus possible. « Je ne peux pas partir maintenant, pas quand tu es comme ça. Tu ne peux pas m'en vouloir Bill. »

Bill se mordit l'intérieur des joues, il n'arrivait plus à se retenir, sa gorge lui faisait terriblement mal mais il tenait bon.

Tom s'approchait de lui avec douceur, essayant de ne pas faire fuir Bill. « Tu ne m'a pas laissé finir. »

« Finir quoi ? »

Tom plaque le bout de ses doigts sur la bouche de Bill. « Shht... Il y a un poste pour moi, à Seattle. » Bill écarquilla les yeux, si loin. « Mais il y a autre chose. J'hésite à y aller. Il y a ce garçon que j'ai rencontré il y a quelques temps, alors je suis venu te demander conseil. Tu sais, je l'aime beaucoup, je n'ai pas envie de partir et de le laisser. Tu crois que je devrais faire quoi ? »

C'était quoi ça ? Bill était perdu, son cerveau ne fonctionnait plus convenablement depuis un long moment. Un garçon ? Ça ne pouvait pas être possible. Un profond sentiment de trahison et de déception naissait en lui, si grand qu'il aurait pu tomber là, à genoux devant Tom et ne plus bouger pendant des heures. Son regard se vida complètement tandis que les doigts de Tom glissaient de sur son visage pour le laisser parler.

Bill ouvrit la bouche mais aucun son ne sortait, il était dévasté. Plus rien n'avait de sens dans son esprit. Et Tom venait lui demander conseil... Non, c'était hors de sa portée. Il finit par relâcher la pression et fondit en larme aussi pathétique que le tableau puisse être. Il cacha son visage entre ses mains, sanglotant de tristesse. Il ne savait plus quoi faire, il avait révisé toutes les options dans sa tête mais rien ne semblait convenir à ce cas de figure.

Tom sourit tristement. « Qu'est-ce que j'ai fait ? » soupira-t-il plus pour lui-même que pour Bill. Il enroula ses bras autour de Bill et embrassa le haut de sa tête. « Arrête de pleurer Bill, je n'aime pas ça... »

Bill renifla fortement, posant son front contre le torse de Tom.

« Tu ne peux pas pleurer par ma faute. » La main de Tom caressait chaleureusement le dos de Bill, essayant de l'apaiser. « C'était toi espèce d'idiot ! »

Bill se décolla un peu de Tom, essuyant les grosses larmes qui coulaient encore de ses yeux. « Moi quoi ? »

« Tu n'as rien compris, je suis désolé. C'est toi le garçon, c'est toi le putain de garçon qui me pousse à rester ici. » Tom passa sa main sous les yeux de Bill pour essuyer les larmes. « Je crois que je suis amoureux. »

Bill laissa échapper un son plaintif de sa bouche. « Je t'aime Tom, » geignit-il. « Tu ne dois pas partir. »

« C'est ton conseil ? » sourit Tom. Bill hocha vivement la tête, se jetant presque sur Tom pour le serrer fort contre lui. « Alors je crois que je vais le suivre. »

Tom releva le visage de Bill et l'observa de longues secondes. Leurs visages se rapprochaient et Bill, avide de ces lèvres tentatrices, mit fin à ce petit jeu. Une vague d'électricité parcouru son corps entier lorsqu'enfin, il goutait au baiser de Tom. Leurs lèvres bougeaient doucement, en de petites pressions douces et amoureuses. Tom passa sa main sur le visage de Bill en approfondissant leur premier baiser.

Tout devait être parfait. Et ça l'était foutrement. Ils ne voulaient plus s'arrêter de s'embrasser, ils se détachaient une fois une deux pour mieux le reprendre. Leurs langues se taquinaient gentiment. Rien n'était comparable à un baiser amoureux.


**


C'était ainsi qu'avait commencé leur histoire, Tom avait un peu foiré son coup, Bill s'était un peu laissé emporter, mais finalement chacun y avait trouvé son compte. Bill flottait, il pensait que rien n'était réel, que s'il fermait les yeux ne serait-ce que quelques secondes, tout allait s'envoler.

« Nathaniel n'a jamais eu de petite amie, » avoua Bill le soir suivant. « Il me poussait à faire le premier pas. » Tom laissa naître un petit sourire taquin, tandis qu'il écoutait Bill lui raconter comment et pourquoi il en était arrivé à cet état.

Le matin, Bill avait appelé Nathaniel comme il lui avait demandé, lui racontant comment il s'était honteusement laissé avoir. Bill avait eu du mal à assumer sa réaction mais Nathaniel lui avait redonné un bon coup de peps. Il était d'aplomb. Bill osa, pour la première fois de sa vie à déballer tout. Depuis le début. Comment il était tombé amoureux de lui il y a quelques années jusqu'à leur premier baiser. Il se sentait si léger d'avoir tout dit.

Tom prit un air fier. « Alors, je suis le seul dont tu as été amoureux ? »

Bill grimaça. « Oui. »

Le tressé se rapprocha de lui, passant sa main sur la cuisse de Bill. « Je suis chanceux, » murmura-t-il contre les lèvres de Bill.

Une petite tension sexuelle planait entre eux. Bill s'était dit qu'il n'allait pas bêtement coucher avec lui alors que ça ne faisait qu'un jour qu'ils étaient un couple, mais là, sentant les doigts de Tom caresser avec insistance sa cuisse, la langue de Tom lui chatouillant le derrière de l'oreille, Bill ne savait plus comment se retenir. Il laissa parler son corps, décidant qu'il devait arrêter de réfléchir.

Ils furent bientôt dans la chambre de Bill, se frottant lascivement l'un à l'autre. Bill avait eu envie de ça pendant tellement de temps qu'il n'avait pas l'impression que ça allait trop vite entre eux. C'était parfait. Tout était parfait. Bill gesticulait sous Tom alors que celui-ci était sur le point d'entrer en lui. Ils firent l'amour longuement, amoureusement. Pour leur première fois ils ne voulaient rien précipiter.

Mais bien plus tard, ils faisaient ça n'importe où. Ils adoraient le sexe tous les deux et ensemble ils touchaient à chaque fois les étoiles. Bill l'avait retrouvé, le seul homme qui avait fait chavirer son c½ur dans sa vie et rien ne pouvait séparer le petit couple.

Bien sûr, c'est difficile de croire qu'une rencontre hasardeuse puisse mener à une relation aussi intense. Pourtant Bill devait l'admettre, il n'avait jamais été aussi heureux. Il avait abandonné son petit rituel, laissant son petit carnet noir prendre lentement la poussière sur une étagère de la bibliothèque. Il n'en avait plus besoin.


FIN.






~~

Après une longue absence, une nouvel OS qui j'espère vous aura plus.
Il me tient plutôt à coeur et je tiens à la dédier à Lou et mon Hibiscus
Pour diverses raisons.

Je n'ai pas encore corrigé, prévenez moi s'il y a des fautes.
Bisous, à bientôt !

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.81.158.195) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Vie-amours-emmerdes-du14

    19/07/2012

    j'aime cet os =)

  • secret--yaoi

    03/03/2012

    J'adore trop cette OS!! C'est mignon, et j'aime beaucoup la personnalité, la sensibilité et tout... de Bill dans cette Os!!

    =)

  • stories-about-them

    23/06/2011

    J'ai encore trop aimé celui la *___*
    j'aime les mots que tu utilises et comment tu formes tes phrases, ca donne une legereté au texte et c'est vraiment agréable a lire!
    et puis l'histoire est vraiment belle, c'est super romantique, classique et tout ce que tu veux mais c'est tellement bien fait qu'on ne s'en rend meme pas compte.
    J'ai beaucoup aimé, particulierement Tom hihi comment tu le decris et tout les petits passages ou ils se trouve ^^

    Bisouus
    Ninisse

  • koordinaten-x-unbekannt

    22/05/2011

    Bon sang, j'étais persuadée d'avoir commenté cet OS.
    C'est dommage, je le ferais en le relisant alors (oh que oui je compte le relire). Je crois que celui là est mon préféré, enfin, il est très très très mais vraiment très beau, et je me rappelle de son atmosphère.. je sais pas comment dire, particulière, enchanteresse un peu peut-être. Le genre d'OS que j'aime parce que putain, qu'est ce que c'est beau, et humain, presque poétique, je sais plus trop, faudrait le relire.
    Je mettrais un commentaire le jour où je le relirais :)
    Mais il était absolument parfait et merveilleux celui là aussi ;_;

  • On-Fascination-Street

    30/04/2011

    J'ai bien aimé. C'était simple mais j'ai quand même passé un bon moment. Par contre je ne suis pas sûre d'avoir tout saisi (bon il est tard et j'ai passé la semaine à réviser, alors ça justifie mon manque de compréhension xD) En fait Bill et Tom se sont connus au lycée et Bill était amoureux de Tom, mais il ne lui a jamais rien dit. Mais pendant que les années passaient, il pensait toujours à lui et regrettait de ne lui avoir rien dit.. jusqu'à ce qu'il croise Tom et que ce dernier lui donne son numéro ? J'ai peur de n'avoir pas compris la première partie de l'histoire, "l'avant" relation, alors dis moi si j'ai raison XD
    En tout cas c'était mignon et ça m'a permis de me détendre un peu, alors merci pour ce moment :)
    Bisouuus.

  • Emsy-os

    28/04/2011

    Ah j'ai trop aimé oui oui oui, trop mignon quoi *o*
    &puis la fin, leur réaction et tout et le meilleur ami il m'a fait bien rire x)
    &puis Tom " c'est un conseil" jlui aurais répondu "non c'est ordre oui !!" x)

  • th-in-disney-world

    05/03/2011

    J'ai bien aimé tes histoires. Bon le premier je l'ai survolé quand j'ai vu que ce serait surtout un lemon.
    Mais j'ai bien aimé les 2 autres !

    Bonne continuation.
    Laura67

  • nirvana-angelTH83

    03/01/2011

    très mignone histoire =)

  • indifference-yaoi

    30/12/2010

    Oh J'aime *-*
    Un bel Os :)
    Désolé de n'être pas passer avant :/

    Bonnes fêtes :)

    Bisous
    Kay

  • AmourInvisible-TH

    20/12/2010

    Dommage que ce ne soit qu'une histoire . mais j'en pleure , merci beaucoup ♥

Report abuse