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I've been losing you. [OS - B/T - UA] 03/10/2010



I've been losing you.____              



Le mois de novembre était à peine entamé et déjà la morosité de cette saison bourgeonnait à chaque coin de rue. Cette vague de froideur et de tristesse s'imprégnait partout, dans tout, n'importe où. Mais surtout, c'était la saison qu'il aimait le plus, cette ambiance macabre qui naissait le faisait frémir, les feuilles qui mouraient les unes après les autres sous ses yeux ; une sensation d'apaisement grimpait à l'intérieur de son corps et lui réchauffait le c½ur. L'automne était la saison qui le faisait se sentir moins seul dans sa lamentable vie, quand les arbres se dénudaient et que tout le monde ne rêvait déjà que du retour de la chaleur, lui était en plein rêve.

Il représentait à lui seul la personnification de la contradiction pure, qui lui avait causée préjudices plus d'une fois dans sa mince vie. Assis sur un blanc, la plume à la main, le bout des doigts rougis par le froid mordant, Bill retraçait sa vie. C'était le temps et la période la plus parfaite pour ce genre de chose : déterrer de vieux souvenirs qui rendent nostalgique. Cependant, pour Bill, cette nostalgie était merveilleuse. Il se perdait dans ces sentiments passés et se laissait bercer par les sensations qu'il en retenait pour mettre des mots sur les plus belles histoires qu'il avait à raconter. Et même si elles n'étaient romanesques et importantes que pour lui, il n'en était pas moins fier.

Elles étaient tout ce qu'il était devenu. Mais surtout, il était devenu ceci grâce à une histoire, l'histoire qui résumait sa vie. Burlesque, pathétique, impatiente, merveilleuse mais avant tout l'épisode qui lui rongeait les tripes chaque fois qu'il y pensait avec toujours cette même intensité, bonne ou mauvaise.

Y repenser lui plaisait, car cela signifiait toujours repenser à Tom. C'était une image enjouée et chaleureuse bien que rien de ce qui y appartenait ne tenait de la pure fantaisie joyeuse. Tout ce qui gravitait autour du prénom Tom était principalement des larmes, un déchirement du c½ur profond que jamais Bill n'avait su réparer. C'était encré dans son âme à l'encre de chine, de sa beauté et son mystère indélébile.

Bill soupira doucement et un petit sourire indéfinissable étira ses lèvres gercées. Il traça des mots ronds, italiques, retraçant par la forme son émotion. Ce n'était pas précis, rien de construit. Une catharsis de son âme, l'objectivation de lui-même qui l'aidait chaque année à passer à travers tout ce qui lui bombardait l'esprit.

Il avait commencé à entretenir ce petit carnet de cuir noir lorsque tout s'était bousillé autour de lui, quand, lorsqu'il avait baissé sa garde, il avait perdu de vu la seule chose qui lui faisait chavirer le c½ur depuis des années. C'était idiot, mais il se sentait vide de ne plus voir sa silhouette marcher à travers le boulevard pour rejoindre le lycée. Ne plus entrevoir ces sourires qui ne lui étaient même pas adressés.

Puis, d'autres années s'étaient écoulées et la seule chose à laquelle il pensait en cette saison automnale était l'absence prolongée du seul garçon dont il n'avait jamais été amoureux. Tom faisait toujours battre son c½ur, si fort, que lorsque par chance il l'entrecroisait au détour d'un carrefour il avait peur que son organe jaillisse hors de sa poitrine. Ses mains tremblaient d'émotion (jamais contrôlée). Ses joues rosissaient adorablement. Sa bouche se desséchait. Mais Tom ne voyait rien de tout cela car bien souvent il ne faisait pas attention à la présence de Bill.

Et lorsqu'il l'apercevait, Tom lui souriait chaleureusement, lui donnant une poignée de main que Bill prenait le temps d'apprécier et alors ils papotaient quelques minutes. Ces instants éphémères permettaient à Bill de garder son rêve inavoué vivant.

C'était tout ça. Tout ce que Bill écrivait dans son petit carnet précieux.

Parfois il s'imaginait la réaction que Tom aurait pu avoir s'il l'avait lu, parfois aussi il s'imaginait sa vie s'il avait avoué à Tom tout ces sentiments qui l'animaient. Et toujours, sa gorge se serrait car au fond de lui il savait que tout aurait pu être différent.

Il mit le dernier point de la journée sur sa page noircie et referma avec précaution le carnet, le déposant sur ses genoux. Il resta là, quelques instants encore à admirer la lumière orangée du soleil couchant, faisant apparaître ci et là des zones de couleurs vives.

Finalement, il reprit le chemin de retour. Constamment le même. C'était une petite routine qu'il remettait en route chaque année. Il aimait se complaindre dans cette mélancolie qui prenait feu en lui lorsqu'il entamait de nouveau ce rituel. Ressentir, sans jamais revivre, son passé. Néanmoins, au final, il en devenait blafard, vide de tout ce qui se passait autour de lui.

Il ne s'intéressait pas plus que ça aux rues qui défilaient sous ses pieds alors qu'il flânait, perdu dans ses pensées. Il avait toujours été comme ça, d'aussi loin qu'il s'en souvienne. Il se suffisait à lui-même dans son petit monde imaginatif, même si cela pouvait vite devenir pesant. Il avait besoin de ces moments rien qu'à lui, juste se retrouver avec lui-même et ne rien avoir d'autre à faire que de traîner. C'était un jeune homme très indépendant, bien qu'il ait toujours voulu appartenir secrètement au doux garçon de ses rêves, il ne comptait que sur lui-même pour ne pas être déçu.

A cette pensée farfelue, il secoua la tête, c'était un terrain glissant, dans lequel il ne voulait pas tomber.

Les formes de son immeuble se dessinaient doucement devant lui. Bientôt, il fut dans son appartement, se réchauffant doucement de sa petite promenade.

C'était ainsi, les journées automnales de Bill. On s'y faisait, tout le monde s'y était fait.


**


Il y a des choses, tel que l'absence, auquel on doit se faire. Il y a l'absence due à une mort, toujours triste et incompréhensible, celle due à la disparition d'un être cher quelque part dans un coin du pays pour diverses raisons, et celle qui ne s'expliquait pas vraiment, l'absence d'une absence. C'était comme vouloir de tout son c½ur que la non présence de la personne (qu'importe qui et où) soit remarquée. Pourtant, elle n'est nulle part ailleurs. Mais on souhaite de tout son c½ur ressentir ce petit pincement de déception quand, le matin au réveil on ne la sent pas, quand au travail elle n'est pas là, car il y a des jours, où elle apparait, un court instant, furtivement, pour embellir la journée et réchauffer les c½urs. Cette absence est inexplicable et absurde.

C'était de cette troisième forme dont Bill était empli.

Il travaillait sans relâche pour ne pas la sentir peser sur ses épaules frêles. Il s'appliquait à ajuster ceci, retoucher cela. Des petits détails qui lui prenaient un temps fou mais qui lui faisait oublier.

Mais ce jour là était différent, il le sentait au fond de lui. Quelque chose lui disait, bien que ce ne soit pas son petit doigt, qu'il allait se passer quelque chose. Il ne savait pas encore quoi, mais plus les heures passaient et plus il sentait ce petit sentiment grandir au fond de ses trippes.

Sans qu'il ne le voit arriver, sa journée était finit, il remballa ses affaires, avant de s'apprêter à partir.

« A demain Nathaniel, » dit-il, souriant au jeune homme à ses côtés. Il ressemblait à son idéal masculin, il entrait dans la catégorie des êtres sur lesquels Bill pouvait craquer. Mais voilà, il y avait un fantôme planant autour de lui, celui d'un jeune homme qui n'avait même pas été son petit ami un jour. Bien qu'il ait eu le coup de c½ur sur Nathaniel les premiers jours, il était vite parti, laissant place à une amitié à laquelle il tenait.

La porte de l'immeuble se referma bruyamment derrière lui et il sourit. C'était encore une bonne journée pour aller au parc.

Bill avait la chance de finir ses journées de travail assez tôt dans l'après-midi, alors, il ne perdait pas une miette des belles journées que la saison offrait. Il arriva bientôt près de son endroit favori. C'est là que son sentiment revint au galop.

Non loin de lui, sur son banc, quelqu'un y était installé. Il soupira, sentant un petit quelque chose s'effondrer dans ses entrailles. C'était là qu'il était le plus inspiré, il ne pouvait pas aller de l'autre côté faire face aux enfants trop bruyant qui arrivaient rapidement après la fin de l'école. Il prit son courage à deux mains pour finalement s'installer aux côtés de l'inconnu.

Il baissa la tête et sortit son petit carnet, sans prêter attention ou jeter un petit regard à l'homme à ses côtés. Doucement, il recommença son petit rituel mais quelque chose clochait. Il sentait sur lui un regard trop insistant. Il leva doucement les yeux et c'est là, à cet instant précis, que son esprit se mit en pause. Une longue pause, une sorte de léthargie passagère.

Seul un « oh » qui faisait écho dans sa tête franchit la barrière de ses lèvres.

Ce n'était juste pas possible, son esprit devait lui jouer un mauvais tour, ou bien était-ce une heureuse coïncidence comme il n'en arrive que dans les films ou dans les romans à l'eau de rose qu'il se plaisait à lire de temps à autre.

L'homme à ses côtés lui fit un large sourire. « Salut Bill. »

Bill crut faire un arrêt cardiaque. Il se sentait plus timide que devant n'importe qui d'autre, même devant son idole il ne serait pas ainsi. « Hey, » souffla-t-il, une fumée s'échappant de ses lèvres gercées. Le prénom Tom, fluorescent, raisonnait et clignotait dans son esprit. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

Tom ricana doucement. « C'est un parc public aux dernières nouvelles. »

« Non je veux dire, ici, en ville ? »

Tom remonta le col de sa veste. « Thanksgiving. »

Bill hocha la tête, se sentant soudain bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. Il la rabaissa sur son carnet et écarquilla les yeux. Il le referma brusquement avant sue Tom ne puisse voir ne serait-ce qu'un mot de ce qui y était inscrit.

« Ça fait un bail, hein ? » continua Tom, s'allumant une cigarette. « Qu'est-ce que tu fais maintenant ? Tu as fini la fac ? »

« Je travaille dans une boîte de communication, un peu plus loin au centre. » Bill tenta de calmer les pulsions de son c½ur qui se répercutaient jusque dans ses tempes espérant que Tom n'entende pas ce bouquant infernal que faisait son organisme (bien que cela soit improbable). « Et toi ? »

« J'ai été muté il y a peu, dans la boîte de mon père. » Bill sourit se souvenant que Tom lui disait qu'il avait toujours voulu travailler pour son père. « Je reviens en ville ! »

Bill fondit. Tom souriait, il était beau, et c'était un euphémisme. Bill retombait sous son charme, il parait qu'il faut moins d'un cinquième de seconde pour tomber amoureux, Bill en est l'exemple le plus concret.

Ils engagèrent chacun leur tour la conversation, ils ne finissaient finalement plus de parler, Bill buvait les mots qui sortaient de la bouche de Tom comme des notes précieuses. Il savait que ce moment, comme les autres, hasardeux, étaient bien trop court et allait vite faire parti du passé. Il l'enfermerait dans un coin de son cerveau dans le placard qui portait le nom de Tom. Ce vieux placard qu'il ouvrait bien plus souvent que n'importe quel autre.

Tom avait gardé en lui cette part de taquinerie que Bill adorait. Ses mains étaient toujours aussi belles qu'elles l'étaient. Sa bouche toujours aussi désirable. Son nez aquilin toujours aussi adorable. Et ses yeux d'une profondeur sans fin, toujours aussi captivants.

Bill photographia mentalement ce moment, sentant la fin venir. Le soleil se couchait doucement et la température baissait rapidement.

« Je vais devoir y aller. » Tom se redressa, écrasant le mégot de son énième cigarette, en fait, la quatrième, Bill avait compté. « C'était super de te revoir Bill. »

Bill se leva à son tour, prêt à rentrer chez lui. « C'était bien oui, » acquiesça Bill, il se frappa mentalement, ce n'était pas bien, c'était formidable !

Tom s'approcha de lui et l'enlaça furtivement. « On se revoit vite, ok ? Maintenant que je suis en ville, il n'y a plus de raison. »

Bill sourit à s'en décrocher la mâchoire alors que Tom écrivait sur le dos de la main de Bill son numéro. Il rendit son stylo plume à Bill. « Il est merdique ce stylo ! » ricana-t-il. « N'oublie pas de m'envoyer un message, à la prochaine Bill. »

Tom fit un clin d'½il à Bill et repartit dans le sens inverse à Bill.

Bill quant à lui était sur son petit nuage de bonheur. Il ne savait plus comment en descendre, d'ailleurs voulait-il seulement en descendre ? C'était la plus belle journée qu'il ait eu depuis un petit moment. Il sautilla presque comme un enfant sur le chemin du retour. Il souriait à tous les passants et regagna son petit chez lui avec un air d'idiot bienheureux.

Il attrapa vite son téléphone portable, entra le numéro de Tom et lui envoya un message court et simple. Même si ses mains fines tremblaient.


**


Voilà comment tout avait recommencé. Bill envoyant un texto, Tom répondant et puis s'enchaîna un peu plus tard les coups de fil, coups de fil qui au final s'éternisaient et se prolongeaient parfois jusque tard dans la nuit. Bill rêvait Tom, il vivait Tom. Partout il voulait Tom. Plus que tout et n'importe quoi d'autre il le voulait.

Ce jour là, Nathaniel était venu boire un verre chez Bill. C'est alors, qu'après des semaines, Bill consentit enfin à lui raconter toute l'histoire, l'histoire de Tom qui rendait Bill dingue. Il n'omit aucun détail, il n'avait aucunement besoin de le faire lorsqu'il s'agissait de Nathaniel, le garçon qui l'avait parfois récupéré complètement soûl à des soirées avec la boîte. Nathaniel avait tout vu de Bill, connaissait tout de lui et la réciproque était vraie.

« Et alors, il m'a dit qu'il me trouvait encore plus beau qu'avant et... » Bill rougit, il ne pouvait s'en empêcher.

Nathaniel sourit en coin. « Je pense que tu dois tenter ta chance Bill. » Bill était sur le point de répondre mais Nathaniel prit les devants, posant délicatement son index sur les lèvres charnues de son ami. « Garde ça en tête Bill : tu as laissé passer une première occasion il y a six ans, tu as la chance d'avoir une seconde chance. Ne la laisse pas te filer entre les doigts elle aussi. Il te suffit de faire un pas, juste un, et il te tombera dans les bras. »

Bill savait que Nathaniel avait raison. Mais comment faire quand sa timidité face à Tom ressurgissait soudainement lorsque le tressé lui faisait des sous-entendus implicites ? Bill devait passer au dessus de ça.

« Je suppose que tu as raison. »

« J'ai toujours raison, » répondit Nathaniel. « Un autre verre de vin ? »

Bill acquiesça en riant joyeusement. Il était prêt. Il se sentait pousser des ailes. Il voulait affronter Tom, lui dire qu'il l'aimait, lui dire que ça avait toujours était le cas, qu'il ne rêvait que de l'embrasser. Juste ça. Car il est dit que le véritable amour est celui qui n'implique aucun désire physique autre que le visage de l'être aimé. C'est cela l'amour pur, c'est cela que Bill ressent.

Il se leva et partit chercher une autre bouteille de vin blanc à la cuisine. Il revenait la bouteille à la main lorsque la sonnette à l'entrée retentit. Il ne prit pas la peine de poser la bouteille et ouvrit directement la porte.

« Tom ! » Bill faillit s'étouffer.

« Hey, j'espère que je ne te dérange pas, » sourit-il. Il remarqua la bouteille dans la main de Bill, l'indiquant d'un signe de tête.

« Oh, » Bill leva la main. « Je suis avec un ami, mais entre. »

Tom sembla hésiter un instant avant de finalement se laisser guider par Bill dans le salon.

« Je te présente Nathaniel, collègue et ami. Nate, c'est Tom, » annonça Bill, faisait une moue qui voulait dire 'je crois que je n'ai plus le choix'.

Nathaniel se leva, tendant une main chaleureuse à Tom. « Eh bien enchanté Tom. Bill m'a beaucoup parlé de toi. » Bill toussa plusieurs fois avant de faire les gros yeux à son ami. « Je vais devoir vous laisser, ma petite amie doit m'attendre maintenant. Je lui ai promis de ne pas rentrer tard. »

Bill posa la bouteille de blanc qu'il tenait et récupéra la veste de Nathaniel. « Je te raccompagne. »

Ils abandonnèrent Tom un instant dans le salon.

« Ta petite amie ? » Bill leva un sourcil inquisiteur. « Dépêche-toi elle ne va pas être contente, » se moqua Bill.

Nathaniel lui donna une petite frappe sur le haut du crâne. « C'est pour toi que je fais ça, triple andouille. Et demain t'as intérêt à m'appeler et me raconter tous les détails, comment il t'a embrassé, comment.... »

« J'en ai assez entendu, » dit Bill, poussant Nathaniel dehors. « Rentre bien. » Et il referma la porte avant que Nathaniel ne réplique quelque chose d'autre qui pourrait le mettre dans l'embarras, surtout sachant que Tom était là, à quelques mettres de lui, pouvant surement tout entendre. Son ventre se tortilla en y pensant et il rejoignit son nouvel invité dans le salon. Bill lui sourit.

« Il a l'air sympa ton copain, » dit Tom, d'un air décontracté.

Bill débouchait la bouteille de vin. « Ouais, il est comme mon meilleur ami, mais quel boulet parfois, » sourit-il, plus pour lui-même que pour Tom. Il servit un verre à Tom et le lui tendit, avant de porter son propre verre à ses lèvres. « Alors, que me vaut le plaisir de te venue ? »

Tom but une gorgée de vin avant de se racler la gorge. « En fait, je devais te parler. »

« Tu aurais pu appeler. » Bill s'assit sur le canapé, non loin de Tom. « Mais ça tombe bien, j'ai aussi quelque chose à te dire. »

Un petit instant calme, où planait un silence confortable s'installa doucement dans la pièce. Tom regardait Bill, Bill admirait Tom de ses yeux pétillants. Il pouvait faire cela, il y avait une force venu de nulle part en lui qui le poussait à le faire, ne pas fuir. Il avait déjà fuit il y a un certains temps de cela, et voilà où ça l'avait mené. Il inspira un grand coup et avala une bonne gorgée de vin blanc.

« Qu'y a-t-il de si important que tu ne pouvais pas me dire au téléphone ? »

Tom se gratta la nuque, apparemment gêné. Bill sourit intérieurement, il le trouvait si adorable comme ça. Il avait un côté purement masculin et viril, puis ce petit côté enfantin qui lui donnait un charme fou. Bill n'aurait pas été surpris d'apprendre qu'il avait eu un bon nombre de conquête. C'était même plutôt logique pour lui, Tom était capable de faire fondre n'importe qui sous son charme dévastateur. Et Bill pensait que bien souvent le tressé en jouait, avec lui, ou avec d'autres.

« En fait, » commença Tom. Sa voix était hésitante et Bill se tortillait sur le canapé, il osait penser que peut être Tom ressentait aussi la même chose que lui. « Mon père a décidé de m'envoyer dans une autre ville. »

Le fin espoir de Bill s'effondra. Alors voilà, c'était fini, il avait raison de penser que tout était éphémère. Et même si cette fois-ci Tom avait était plus présent que les cinq petites minutes habituelles, c'en était seulement plus douloureux. Sa gorge se serrait juste à l'idée de revoir Tom partir. Mais là Bill pensait que ce n'était plus comme au lycée, il n'avait pas le droit de dire qu'il ne pouvait pas partir parce qu'il l'aimait, il ne pouvait pas faire son égoïste en demandant au tressé d'abandonner sa carrière pour lui alors qu'il ne voyait peut être Bill que comme un simple ami.

Bill finit son verre rapidement, essayant de digérer la nouvelle comme il pouvait. Il se resservit immédiatement et commença reboire un coup. Mais la main de Tom le stoppa dans son geste.

Le tressé abaissa le verre et tourna le visage de Bill verre le sien avec ses doigts. Les yeux de Bill brillaient, comme s'ils étaient prêts à exploser, ils lui criaient de ne pas partir, de ne pas le laisser là ignorant, de pas partir une seconde fois de sa vie... Et c'était difficile pour Bill, plus que n'importe quoi de retenir ses larmes à ce moment. Il voulait juste être seul, s'étouffer sous la couette et pleurer à chaudes larmes. Mais il se retiendrait, malgré les yeux coupables de Tom sur lui.

Tom caressa la joue de Bill avec son pouce et Bill ferma les yeux, couinant. Il se foutait de savoir s'il était pathétique, il se foutait que Tom l'entende. Bientôt, il ne pourrait même plus le voir, à quoi bon.

« Tu es beau Bill. »

Bill aurait fait tomber sa garde en temps normal, mais là non. Il ne pouvait pas ressortir indemne de ça. Il repoussa plus fort qu'il ne l'aurait voulu Tom. Le rejet. C'était la solution la plus simple qu'il avait trouvé. « Tu ne peux pas me dire tout ça. T'as pas le droit de venir ici, me dire que tu pars je n'sais foutrement où et me dire que je suis beau ! » Il finit son verre d'une traite. « Tu débarques de nulle part, chamboule tout ce qui se passe dans ma vie et tu repars comme ça, sans rien d'autre. Juste avec un au revoir. Alors je vais te faciliter le travail : bon voyage Tom, à la prochaine et n'oublie pas de m'envoyer un message une fois de temps en temps. »

Il n'avait pas pu la retenir, cette larme traitresse qui coulait le long de sa joue. Elle était perfide et Bill la détestait de s'être échappée de ses yeux. Elle allait tout faire foirer. Bill faisait tout foirer. Il sentait que sa chance lui glissait doucement et douloureusement des doigts. Il baissa la tête.

« Tu devrais peut-être partir Tom, » s'étrangla Bill, n'osant plus le regarder.

« Je ne peux pas. » Bill releva brusquement la tête. Tom lui souriait gentiment, Bill aurait bien dit amoureusement mais ce n'était définitivement plus possible. « Je ne peux pas partir maintenant, pas quand tu es comme ça. Tu ne peux pas m'en vouloir Bill. »

Bill se mordit l'intérieur des joues, il n'arrivait plus à se retenir, sa gorge lui faisait terriblement mal mais il tenait bon.

Tom s'approchait de lui avec douceur, essayant de ne pas faire fuir Bill. « Tu ne m'a pas laissé finir. »

« Finir quoi ? »

Tom plaque le bout de ses doigts sur la bouche de Bill. « Shht... Il y a un poste pour moi, à Seattle. » Bill écarquilla les yeux, si loin. « Mais il y a autre chose. J'hésite à y aller. Il y a ce garçon que j'ai rencontré il y a quelques temps, alors je suis venu te demander conseil. Tu sais, je l'aime beaucoup, je n'ai pas envie de partir et de le laisser. Tu crois que je devrais faire quoi ? »

C'était quoi ça ? Bill était perdu, son cerveau ne fonctionnait plus convenablement depuis un long moment. Un garçon ? Ça ne pouvait pas être possible. Un profond sentiment de trahison et de déception naissait en lui, si grand qu'il aurait pu tomber là, à genoux devant Tom et ne plus bouger pendant des heures. Son regard se vida complètement tandis que les doigts de Tom glissaient de sur son visage pour le laisser parler.

Bill ouvrit la bouche mais aucun son ne sortait, il était dévasté. Plus rien n'avait de sens dans son esprit. Et Tom venait lui demander conseil... Non, c'était hors de sa portée. Il finit par relâcher la pression et fondit en larme aussi pathétique que le tableau puisse être. Il cacha son visage entre ses mains, sanglotant de tristesse. Il ne savait plus quoi faire, il avait révisé toutes les options dans sa tête mais rien ne semblait convenir à ce cas de figure.

Tom sourit tristement. « Qu'est-ce que j'ai fait ? » soupira-t-il plus pour lui-même que pour Bill. Il enroula ses bras autour de Bill et embrassa le haut de sa tête. « Arrête de pleurer Bill, je n'aime pas ça... »

Bill renifla fortement, posant son front contre le torse de Tom.

« Tu ne peux pas pleurer par ma faute. » La main de Tom caressait chaleureusement le dos de Bill, essayant de l'apaiser. « C'était toi espèce d'idiot ! »

Bill se décolla un peu de Tom, essuyant les grosses larmes qui coulaient encore de ses yeux. « Moi quoi ? »

« Tu n'as rien compris, je suis désolé. C'est toi le garçon, c'est toi le putain de garçon qui me pousse à rester ici. » Tom passa sa main sous les yeux de Bill pour essuyer les larmes. « Je crois que je suis amoureux. »

Bill laissa échapper un son plaintif de sa bouche. « Je t'aime Tom, » geignit-il. « Tu ne dois pas partir. »

« C'est ton conseil ? » sourit Tom. Bill hocha vivement la tête, se jetant presque sur Tom pour le serrer fort contre lui. « Alors je crois que je vais le suivre. »

Tom releva le visage de Bill et l'observa de longues secondes. Leurs visages se rapprochaient et Bill, avide de ces lèvres tentatrices, mit fin à ce petit jeu. Une vague d'électricité parcouru son corps entier lorsqu'enfin, il goutait au baiser de Tom. Leurs lèvres bougeaient doucement, en de petites pressions douces et amoureuses. Tom passa sa main sur le visage de Bill en approfondissant leur premier baiser.

Tout devait être parfait. Et ça l'était foutrement. Ils ne voulaient plus s'arrêter de s'embrasser, ils se détachaient une fois une deux pour mieux le reprendre. Leurs langues se taquinaient gentiment. Rien n'était comparable à un baiser amoureux.


**


C'était ainsi qu'avait commencé leur histoire, Tom avait un peu foiré son coup, Bill s'était un peu laissé emporter, mais finalement chacun y avait trouvé son compte. Bill flottait, il pensait que rien n'était réel, que s'il fermait les yeux ne serait-ce que quelques secondes, tout allait s'envoler.

« Nathaniel n'a jamais eu de petite amie, » avoua Bill le soir suivant. « Il me poussait à faire le premier pas. » Tom laissa naître un petit sourire taquin, tandis qu'il écoutait Bill lui raconter comment et pourquoi il en était arrivé à cet état.

Le matin, Bill avait appelé Nathaniel comme il lui avait demandé, lui racontant comment il s'était honteusement laissé avoir. Bill avait eu du mal à assumer sa réaction mais Nathaniel lui avait redonné un bon coup de peps. Il était d'aplomb. Bill osa, pour la première fois de sa vie à déballer tout. Depuis le début. Comment il était tombé amoureux de lui il y a quelques années jusqu'à leur premier baiser. Il se sentait si léger d'avoir tout dit.

Tom prit un air fier. « Alors, je suis le seul dont tu as été amoureux ? »

Bill grimaça. « Oui. »

Le tressé se rapprocha de lui, passant sa main sur la cuisse de Bill. « Je suis chanceux, » murmura-t-il contre les lèvres de Bill.

Une petite tension sexuelle planait entre eux. Bill s'était dit qu'il n'allait pas bêtement coucher avec lui alors que ça ne faisait qu'un jour qu'ils étaient un couple, mais là, sentant les doigts de Tom caresser avec insistance sa cuisse, la langue de Tom lui chatouillant le derrière de l'oreille, Bill ne savait plus comment se retenir. Il laissa parler son corps, décidant qu'il devait arrêter de réfléchir.

Ils furent bientôt dans la chambre de Bill, se frottant lascivement l'un à l'autre. Bill avait eu envie de ça pendant tellement de temps qu'il n'avait pas l'impression que ça allait trop vite entre eux. C'était parfait. Tout était parfait. Bill gesticulait sous Tom alors que celui-ci était sur le point d'entrer en lui. Ils firent l'amour longuement, amoureusement. Pour leur première fois ils ne voulaient rien précipiter.

Mais bien plus tard, ils faisaient ça n'importe où. Ils adoraient le sexe tous les deux et ensemble ils touchaient à chaque fois les étoiles. Bill l'avait retrouvé, le seul homme qui avait fait chavirer son c½ur dans sa vie et rien ne pouvait séparer le petit couple.

Bien sûr, c'est difficile de croire qu'une rencontre hasardeuse puisse mener à une relation aussi intense. Pourtant Bill devait l'admettre, il n'avait jamais été aussi heureux. Il avait abandonné son petit rituel, laissant son petit carnet noir prendre lentement la poussière sur une étagère de la bibliothèque. Il n'en avait plus besoin.


FIN.






~~

Après une longue absence, une nouvel OS qui j'espère vous aura plus.
Il me tient plutôt à coeur et je tiens à la dédier à Lou et mon Hibiscus
Pour diverses raisons.

Je n'ai pas encore corrigé, prévenez moi s'il y a des fautes.
Bisous, à bientôt !

Special Gift (1/2) 26/04/2010




Special Gift____              
 


     
Partie 01




« Un jour viendra où tu n'en pourras tellement plus d'être seul que tu reviendras me voir. J'attendrais jusqu'à ce que ce jour arrive, et nous reprendrons où nous nous sommes arrêtés. »
 
Ces mots résonnaient encore aujourd'hui dans l'esprit brumeux de Bill. Il était allongé dans sa chambre sombre et repensait comme bien souvent ces temps-ci à ces paroles que Tom lui avait dites lorsque Bill avait décidé de rompre. Peut être que Tom n'avait pas tort, peut être qu'il savait que Bill allait revenir vers lui parce qu'il le connaissait trop bien – ou peut être qu'il était trop prévisible. Dans les deux cas, Bill avait l'impression qu'il ne méritait pas que Tom le reprenne.
 
Après tout, cela faisait des mois que Bill évitait les sorties avec son groupe d'amis, dont Tom faisait parti. C'était au-delà de ses forces de faire face à son ex-petit-ami alors qu'il venait de casser avec lui et de lui briser le c½ur. Une culpabilité étrange mais bien présente s'était installée dans le plus profond de l'être de Bill. Lorsque les mots avaient dépassés la frontière de sa bouche pour annoncer à Tom que leur relation était terminée, Bill s'en était voulu presque aussitôt. Mais jamais il n'avait fait machine arrière, il se devait de prendre la responsabilité de ses mots et d'essayer de faire avancer sa propre vie.
 
Il était resté deux ans avec Tom, leur relation était fusionnelle, peut être trop selon l'avis de Georg, le meilleur ami de Bill. Georg l'avait conforté dans l'idée que c'était la meilleure chose à faire pour lui, que son couple commençait à l'étouffer et le ternir. Bill avait hoché la tête et avalé un bon verre de scotch décidant que dorénavant il allait construire sa vie indépendamment à celle de Tom.
 
Peut être qu'il avait échoué. Il s'était réinscris à l'université, se réengageant dans des études à l'âge de vingt-quatre ans. Il aimait cela étudier, mais il avait l'impression de perdre son temps au final. Lorsqu'il regardait ses amis bâtir doucement leur vie voire même une vie de famille, il les enviait.
 
Sa main se resserra sur son téléphone portable qu'il n'avait pas conscience d'avoir tenu si longtemps entre ses doigts douloureux. Bill observa l'écran, il attendait un signe, un indice de ce qu'il devait faire, mais apparemment le karma n'était pas avec lui. Il soupira et déposa son téléphone sur sa table de chevet. Il se retourna maintes fois dans son lit avant de finalement trouver le sommeil.
 
 
**
 
 
Le lendemain matin, lorsque Bill se réveilla, son portable clignotait annonçant un nouveau message. Bill se frotta les yeux et attrapa avec lassitude son cellulaire, ouvrant le message. Ses yeux faillirent sortir de leurs orbites alors qu'il lisait le message. Ce n'était rien de bien personnel, mais Bill sentit son c½ur battre la chamade, ses joues s'échauffer et ses mains se mirent à trembler sans qu'il ne puisse contrôler quoique ce soit.
 
Demain, dîner de Thanksgiving chez moi. Apportez ce que vous voulez, bisous les loulous. Votre dévoué Tom.
 
Thanksgiving n'était pas un dîner auquel Bill pouvait échapper, ce n'était en aucun cas concevable. C'était pour eux une tradition de le faire entre amis et personne n'avait dérogé à la règle depuis toutes ces années. Et même si l'idée de prétendre le faire chez ses parents l'avait heurtée un quart de seconde, Bill savait d'avance qu'on n'allait pas le laisser faire aussi facilement.
 
Son téléphone se remit à sonner. Il répondit lamentablement. « Allô... »
 
« Ne pense même pas à tomber malade demain Bill ! »
 
Bill geignit et se laissa retomber sur le matelas moelleux. « Salut Andy. »
 
« Alors, comment est-ce que tu vas ? » s'inquiéta tout de même son ami. Andreas savait que Bill ressentait toujours ce quelque chose pour Tom, il y avait cette petite flamme qui lui brûlait le c½ur, et ça attristait beaucoup Andy.
 
« Je vais surement revoir Tom demain, il va surement m'ignorer et je vais surement avoir envie de me tuer. Sinon bien, merci. Et toi Andy ? » Soupira Bill.
 
« Tu sais bien que jamais il ne pourra t'ignorer. »
 
« Mh... » Se contenta de répondre Bill. En réalité il avait clairement peur de se retrouver chez Tom, là où il avait passé la majeure partie de son temps à faire l'amour avec son ex-petit-ami. Ca l'effrayait de savoir qu'il allait remettre les pieds dans le lieu où lui et Tom avaient bâti leur relation. Les souvenirs allaient le prendre de plein fouet et ça l'effrayait. « J'achèterai une tarte meringuée au citron. » Elles étaient les préférées de Tom.
 
« Si tu t'échappes, je viendrai te chercher par la peau du cul Bill, crois-moi, » insista Andy. « Il faut que je te laisse, Melissa s'est réveillée. Bonne journée. » Et Andy raccrocha rapidement.
 
Bill abandonna son portable quelque part sur la couette alors qu'il enfonçait son visage dans son oreiller. Son esprit était partagé entre l'excitation et l'appréhension. Bill ne savait pas quelle émotion choisir. Il s'imaginait depuis déjà quelques courtes semaines quelle serait sa réaction lorsqu'il reverrait Tom pour ce dîner, mais rien ne ressemblait à Bill allant chez son ex. Bill allant chez Andy avait été une option plutôt rassurante, tandis que celle de se retrouver à dîner chez son ex-petit-ami dont il était toujours dingue était sans doute la pire. Il gigota quelques instants avant de se lever.
 
Il ne devait plus penser à cette histoire de Thanksgiving.
 
Pour se changer les idées, Bill décida qu'il était temps d'attaquer ses obligations pour la fac. Il passa la matinée entière le nez dans ses bouquins, ne pensant à rien d'autre que sa foutue dissertation. Mais au fond de lui, un mince pincement se faisait constant. Il lui rappelait, dans ses moments d'inattention de quoi en retournait la réalité.
 
 
**
 
 
Bill était sur le perron, juste devant la porte de Tom et il hésitait toujours, la tarte bêtement dans ses mains. Il ne savait pas s'il devait frapper à la porte, sonner, entrer sans faire aucune de ces choses ou simplement repartir chez lui afin de se goinfrer égoïstement de cette succulente pâtisserie meringuée.
 
Le destin choisit pour lui. Une jeune femme qu'il n'avait encore jamais vu lui sourit et sonna à la porte. Tom apparut dans l'embrassure et sourit. Le c½ur de Bill s'arrêta un millième de seconde pour battre de plus belle.
 
« Vous êtes arrivés ensemble ? »
 
La jeune femme regarda Bill. « En quelque sorte, tu nous laisses entrer, » dit-elle, déposant un léger baisé sur les lèvres de Tom et laissant sa main courir sur son torse.
 
Bill n'arrivait plus bouger aucun membre. Il était tétanisé, une information enfouie dans les méandres de son esprit lui revint : Tom aimait aussi les femmes. Il ne savait déjà plus pourquoi il était là avec sa foutue tarte. Il allait maudire Andreas de l'avoir pratiquement mis sous menace pour ne pas qu'il échappe à cette soirée.
 
« J'ai apporté une tarte, » lâcha Bill. Il la donna à Tom sans un autre regard et s'engagea directement dans la salle à manger.
 
Les conversations s'arrêtèrent lorsque Bill entra dans la pièce. Il repéra Andreas avec Mélissa et lui jeta le regard le plus noir et le plus meurtrier qu'il n'ait jamais fait. Il aurait presque juré voir son ami frémir et se crisper.
 
« Bien, je pense que tout le monde et là, » déclara Tom, « apéro ? »
 
La soirée allait être longue, vraiment très, très longue pour Bill.
 
 
Bill ne lâchait pas Andreas des yeux, il n'osait d'ailleurs poser ses yeux sur rien d'autre de peur de tomber sur Tom, sur un objet familier, ou un souvenir douloureux. Il se sentait plus ou moins mieux en ne regardant que son ami pour le moment.
 
L'odeur de la maison de Tom lui emplissait les narines, elle n'avait presque pas changé, il y avait juste une pigmentation plus féminine, plus fruité que ce que Bill connaissait. Un long frisson lui parcourut l'échine. Il se sentait terriblement mal, mais il s'y était attendu. L'appréhension et le stress avait formé une boule compacte dans l'estomac de Bill qui le bloquait à faire quoique ce soit.
 
« Tiens, bois ça. »
 
Ses doigts se refermèrent sur le verre que Georg lui tendait. Il avala son contenu d'un trait espérant que cela le détendrait mais il faillit recracher le liquide avant qu'il ne passe sa gorge nouée.
 
« Il me faudrait de l'absinthe, » ironisa Bill.
 
Georg lui sourit sincèrement et passa sa main sur l'épaule de son meilleur ami. « N'oublie pas pourquoi tu as pris cette décision il y a quelques mois. »
 
Bill secoua la tête.
 
« Bien, profite de la soirée maintenant. Riley est ravie de te voir, viens. »
 
Georg prit Bill sous son aile pendant un petit moment. Riley, la femme de Georg détendit du mieux qu'elle pouvait Bill, mais c'était peine perdue. Elle tenta d'aborder les sujets qui intéressaient normalement Bill mais rien n'arrivait à lui faire oublier ce qu'il avait vu quelques instants plus tôt. La question lui brûlait les lèvres :
 
« Est-ce que Tom a une petite amie ? » demanda Bill le plus doucement qu'il put.
 
Georg échangea un regard mal à l'aise avec Riley avant que celle-ci ne soupire. « Tu devrais parler avec Tom, Bill. » Riley serra la fine main de Bill dans la sienne pour l'encourager. « Allons reprendre un autre verre, chéri, » dit-elle à l'intention de Georg.
 
Le couple s'éloigna de Bill rapidement et celui-ci se retrouva seul au milieu de la salle à manger, n'osant relever le regard de sa main. Il se sentait si stupide d'agir ainsi, il ne se reconnaissait pas. La seule chose qu'il souhait se réalisait : il revoyait Tom. Mais il ne savait pas comment réagir alors que dans aucune de ses situations préconçues il n'avait imaginé qu'une fille puisse maintenant partager la vie de Tom.
 
Il soupira finalement, et parti lui aussi se chercher un verre. L'alcool allait être son allié.
 
**
 
 
Bill avait réussi à coincer Gustav dans la cuisine, le petit blond n'était autre que le frère d'Andreas. « Pourquoi ton frère m'évite-t-il ? »
 
Gustav avait l'air gêné et évitait le regard foudroyant de Bill qui le surplombait. « Tu devrais parler avec lui, vraiment Bill. »
 
« Pourquoi est-ce que personne ne répond à mes fichues question ? » s'emporta Bill, serrant fermement son verre de vin rouge dans sa main.
 
« Calme-toi Bill, » demanda gentiment Gustav. « C'est pour toi qu'on fait ça, on... » Gustav se tut soudainement, attirant toute l'attention de Bill.
 
« Qu'est-ce qu'il y a de si important que tout le monde me cache ? »
 
La porte de la cuisine s'était ouverte à cet instant, laissant apparaître la jeune femme que Bill avait vu tout à l'heure. « Désolée, je vous dérange ? »
 
Gustav profita de cette chance pour s'enfuir des griffes de son ami.
 
Bill soupira profondément. Il était blasé de cette situation qu'il ne comprenait pas, et blessé qu'aucun de ses amis ne prennent la peine de lui expliquer ce qui se tramait. Il recula une chaise et se laissa tomber dessus. Le pied du verre cogna la table de marbre dans un petit bruit sourd.
 
« Je m'appelle Charlsie, » dit la jeune femme en s'asseyant face à Bill. « Est-ce que tu vas bien ? »
 
Bill prit enfin le temps de regarder la jeune femme, elle était vraiment jolie, il ne pouvait pas dire le contraire et rien que ce détail lui retourner encore plus l'estomac. Ses cheveux étaient brillants et parfaits, ses yeux d'amandes d'un brun profond étaient charmants. Bill serra la mâchoire et soupira doucement.
 
Le comble de l'ironie faisait que c'était la nouvelle amie de Tom qui lui demandait s'il allait bien, non pas un de ses amis qui bavardait dans la pièce d'à côté.
 
« Je pense que c'est le pire Thanksgiving de ma vie, » déclara-t-il, sa voix était si basse qu'il se demandait si Charlsie l'avait entendu.
 
Elle attrapa la bouteille de vin rouge qu'elle était venue chercher et déboucher puis en versa dans le verre de Bill. « Aux grands maux, les grands remèdes, » dit-elle en plaisantant allègrement. « Essaye de profiter de ta soirée, Bill, ça fait plaisir à Tom que tu sois venu. »
 
Bill se sentit encore plus mal. Il sourit poliment à Charlsie quand celle-ci le quitta et s'effondra sur le dossier de sa chaise. Il était si tendu ce soir.
 
 
**
 
 
Tout le monde était attablé et Tom allait servir le dessert. Bill sentait les effluves d'alcool parcourir son sang mais savait être adulte et se tenir convenablement. Parfois un ou deux gloussement le trahissaient mais rien de méchant. Andreas était assis au bout de la table, à une distance bien calculé de Bill, mais ce dernier n'allait pas laisser son ami s'en tirer si facilement. Il pouvait l'éviter le temps d'un repas mais pas plus longtemps.
 
« Alors, je vous préviens, le premier qui dit que ce dessert est pas bon, je le fous dehors avec un coup de pieds au cul, » prévint Tom, avec un faux air menaçant.
 
Bill se revigora un peu à ces paroles, c'était presque normal puisque c'était lui qui avait apporté cette tarte. Il redressa imperceptiblement les épaules, prêt à déguster.
 
Tom apporta le succulent dessert. « Il a été fait avec amour, donc appréciez-le. » Tom déposa un gros cheesecake sur la table. « Charlsie l'a fait cette après-midi. »
 
La jeune femme sourit presque timidement et Tom l'attira contre lui en souriant.
 
Un gros et lourd poids tomba fermement tout le long du frêle corps de Bill. Ses épaules s'affaissèrent, son regard fuit et son estomac se rétrécit. Est-ce que le karma était tout à fait contre lui, ou était-ce simplement ce que le ciel semblait juste de lui donner ? Bill ne savait plus s'il voulait rire ou se rouler sous la table pour pleurer son douloureux sentiment de totale ignorance et de rejet qu'il ressentait.
 
Il ne fit simplement rien. Il resta assis, attendant qu'on lui serve sa part, il mangea avec difficulté, but avec facilité. Il attendait passivement que tout se passe. Son regard se portait sur chacune des personnes présentes : elles semblaient heureuses, c'était un jour de fête alors rien de plus normal. Lui, il se sentait comme un grain de poussière, un invisible et impassible grain de poussière que l'on ne remarquait que lorsqu'on voulait s'en débarrasser. Ses pensées poussées par l'alcool le faisaient se sentir comme le plus minable des hommes.
 
« Excusez-moi, » dit-il, la gorge nouée, le regard flou. Il se leva et partit vers les toilettes.
 
Le verrou fermé, la lumière éteinte, il se libéra un peu du chagrin qui l'habitait, il ressentait maintenant tout le poids de la décision qu'il avait pris des mois plus tôt sur ses maigres épaules. Et c'était bien trop lourd à supporter. Il tremblait fortement de retenir de gros sanglots sans larme qui lui faisait terriblement mal à la gorge.
 
Il ne savait pas combien de temps il était resté là, enfermé dans cette petite cabine de toilettes, assis sur la lunette à lutter contre ses émotions puissantes. Mais lorsqu'il en ressortit, tout le monde était parti et la table était bientôt débarrassée.
 
« Tu vas bien ? »
 
Bill sursauta. « Euh, oui... oui. »
 
« Je t'ai connu plus résistant à l'alcool, » continua Tom.
 
Bill regardait son ancien petit ami, il était toujours aussi beau, toujours aussi gentil et Bill l'aimait toujours autant. Il baissa les yeux. « Je vais rentrer chez moi, merci pour cette soirée. »
 
Tom fronça les sourcils et posa sa main sur l'avant-bras de Bill. « Tu veux que je te raccompagnes chez toi ? »
 
Bill retira doucement son bras de la douce prise de Tom et secoua la tête. « Ca va aller, merci. » Il partait vers l'entrée, prendre ses affaires, accompagné de Tom. « A bientôt alors. »
 
Tom lui sourit et ouvrit la porte. « Fais attention à toit Bill, envoie moi un message quand tu arrives, » ne put-il s'empêcher d'ajouter.
 
Bill partait déjà en direction de sa voiture garée devant la maisonnette de Tom. Il s'empressa de se mettre derrière le volant et de mettre le contact. Tom le salua une dernière fois de la main, et Bill loupa son air inquiet alors qu'il démarrait. Au bout de la rue, Bill s'arrêta et laissa échapper de gros sanglots et déversa sa douleur, le front posé sur le volant de sa petite voiture.
 
Après de longues minutes à pleurer à chaudes larmes, Bill attrapa son portable. « Est-ce que tu peux venir me chercher ? ... Au coin de la rue, chez Tom ... Merci. » Il renifla et attendit que Georg arrive.
 
 
**
 
 
 
Les jours passèrent puis les semaines, l'hiver allait bientôt toucher à sa fin. Le soleil commençait doucement à réchauffer le sol et l'air, mais pas même ce changement de climat rendait le teint de Bill moins pâle et triste. Son année de faculté était bientôt finie et il se sentait soulagé de cela, mais un autre poids stagnait en lui.
 
Georg, Andreas et Gustav faisaient du mieux possible pour remonter le moral de Bill, mais rien n'y faisait. Un jour il souriait, le lendemain il tirait une gueule d'enterrement. Ses amis étaient épuisés et Bill aussi.
 
On était samedi soir, c'était l'anniversaire de mariage de Georg et Riley. Ils avaient réservé une salle au sous sol d'un bar pour fêter cela avec leurs amis. Bill avait fait un gros effort, il s'était bien habillé, maquillé et parfumé, il voulait être beau et frais pour son ami et ne pas le décevoir ce jour là.
 
« Alors Bill, que vas-tu faire l'année prochaine ? » demanda Mélissa.
 
Bill avala la petite bouchée qu'il mastiquait. « Je pense prendre une année sabbatique et partir en Irlande ou en Australie. La fac, c'est plus pour moi. »
 
« En Australie ! J'espère que tu vas nous inviter à passer nos vacances là-bas mec, » ajouta Georg, enjoué à la perspective. « Ou même en Irlande, on viendra boire des bières pour la Saint Patrick et faire la tournée des bars, » s'excita-t-il.
 
Bill rit doucement. « Je crois pas que Riley soit de cet avis, » fit-il remarquer.
 
L'excitation de Georg retomba soudainement et il cala sa main sur le genou de sa femme, un air coupable sur le visage.
 
« Soumis ! » beugla Andreas. Mélissa lui donna une tape sur le sommet du crâne qui le fit taire immédiatement.
 
Gustav et Bill rirent de bon c½ur en voyant leurs deux amis se faire remettre subtilement en place par leurs compagnes. Bill n'en pouvait plus, ses abdos lui faisaient mal et des larmes roulaient sur ses joues. Il posa la tête sur les genoux de Gustav qui continuait lui aussi se de moquer de leurs amis.
 
« Hey, j'ai loupé quelque chose ? »
 
Bill releva soudainement la tête, ne manquant pas de se cogner magistralement contre la table. Il se tenait la tête et le ventre dans l'espoir de les apaiser.
 
« Bill va partir en Australie, et Georg et Andreas vont retourner chez eux avec une fessée, » résuma Gustav, essuyant ses yeux.
 
Tom sourit et s'installa en face de Bill. « Tu pars en Australie ? » demanda-t-il avec intérêt.
 
Bill haussa les épaules, « C'est possible. » Il remarqua que cette fois Charlsie n'était pas là, peut être qu'ils avaient rompus. Bill gesticula sur sa chaise joyeusement.
 
La petite soirée se déroula bien mieux que Thanksgiving, pas de jeune femme surprise, pas de dessert surprise et pas de poids dans l'estomac de Bill, juste un petit sentiment de joie. Georg et Riley étaient heureux comme tout et ne cessaient de sourire.
 
« On a une annonce à vous faire, » dit Georg, se levant face à ses amis, tenant Riley par la taille. Elle était radieuse, ses cheveux blonds flottaient autour de son visage et ses yeux pétillaient. Son teint était éclatant. « Riley est enceinte. »
 
Les félicitations fusèrent, Bill s'était levé et avait embrassé le couple, il avait serré Riley tellement fort dans ses bras que Tom dut les séparer. « Ne va pas étouffer notre futur maman, » le réprimanda-t-il faussement.
 
« Mais je suis tellement content ! »
 
 
**
 
 
« Tu viens fumer une cigarette à l'extérieur ? »
 
Bill hocha la tête, prenant sa veste et suivit Tom devant le bar. Il faisait froid mais bien plus doux que les premiers jours d'hiver. Il sortit une cigarette et l'alluma, fumant tranquillement. Il se sentait un peu mieux avec Tom ce soir, la pensée que Charlsie n'était pas dans les alentours le confortait et il se sentait plus assuré.
 
« C'est dingue hein ? »
 
« Quoi ? » demanda Bill.
 
« Riley qui est enceinte, Andreas qui va se fiancer et toi qui part à l'autre bout du monde. »
 
Bill souffla la fumée. « Il faut bien avancer. On est adulte, c'est le déroulement logique des choses, » sourit-il franchement. « Et toi, que fais-tu ? »
 
Tom se mit face à Bill et le détailla, un peu trop longtemps et Bill se sentit rougir. Tom sourit. « Je ne sais pas, peut être monter ma propre boîte. La banque a donné son feu vert pour le prêt, » avoua Tom.
 
« C'est génial ! Tu en rêvais, » s'exclama Bill, enlaçant vivement Tom sans se rendre réellement compte qu'il était dans les bras de Tom. Il garda Tom contre lui un petit instant, juste pour profiter de son odeur et de ce contact qui lui avait manqué. Tom passa ses bras autour de la taille de Bill, patientant que celui-ci le lâche.
 
Bill finit par se reculer à contre c½ur et sourit de nouveau à Tom.
 
« C'est bon de te voir sourire. » Tom écrasa son mégot dans un pot de fleur. « Pourquoi tu ne m'as pas envoyé de message le lendemain à Thanksgiving ? »
 
« Quel ... » Bill fronça les sourcils. « Oh, ça. » Il tapa nerveusement du pied, inhalant la fumée de sa cigarette qui finissait de se consumer. « Je suppose que j'ai oublié, je n'étais pas très bien. » Bill n'avais pas oublié, il n'avait simplement pas eu le courage de le faire, le courage de contacter Tom au risque de... En fait, il ne savait pas quel était ce risque qu'il avait tant essayé d'éviter. Celui de se faire rejeter ? Il l'avait mérité. Celui de se prendre un vent magistral ? C'était mérité aussi. Il avait essayé de se protéger autant que possible de Tom et de sa vie sans lui. La vie que Tom continuait de vivre sans Bill et qui le rendait heureux.
 
« Le mélange d'alcool. »
 
« Hm, surement. »
 
« Tu te souviens de ce que je t'avais dit ? »
 
« De quoi est-ce que tu parles Tom ? » Bill sentit une pression dans la poitrine et le sang affluer rapidement vers son c½ur.
 
Tom se rapprocha de lui et replaça une mèche que le vent avait déplacée. « Un jour viendra où tu n'en pourras tellement plus d'être seul que tu reviendras me voir. J'attendrais jusqu'à ce que ce jour arrive, et nous reprendrons où nous nous sommes arrêtés, » dit Tom d'une voix douce et gentille. « Est-ce que ce jour est arrivé Bill ? »
 
Bill trembla imperceptiblement et se mordit la lèvre. Ses yeux étaient plongés dans ceux de Tom et il ne savait plus quoi dire, comment pouvait-il parler alors que les yeux de l'homme qu'il aimait été fixé sur lui avec expectation.
 
Tom avança son visage vers celui de Bill et posa ses lèvres sur les siennes, juste une petite pression. Douce et chaleureuse. Elle ramena Bill sur terre, répondant à la pression de la bouche de Tom. Sa main se logea dans la nuque de Tom de peur que celui-ci sans aille sans demander son reste. Ils s'embrassèrent un long moment, un moment pendant lequel Bill sentit la petite flamme s'embraser et devenir un feu immense en lui.
 
Ils se séparèrent et Tom continua de sourire à Bill, attrapant sa main et la serrant dans la sienne avant de s'engouffrer dans le bar. Bill resta dehors un instant, se remettant lentement de son envolée magique.
 
 
**
 
 
A la fin de la soirée, Tom se proposa de raccompagner Bill qui était venu avec Georg, ne voulant pas faire la même erreur qu'à Thanksgiving, à avoir boire trop et voir flou.
 
« Est-ce que tu veux monter boire un dernier verre ? » demanda Bill, lorsque Tom stoppa la voiture devant l'immeuble dans lequel il vivait.
 
Tom coupa le contact. « Allons-y, » sourit-il.
 
« Cet immeuble est bien quelque chose qui ne me manquera pas quand je partirai ! » lâcha Bill, le plus naturellement du monde. Il pensait déjà à l'année qui allait arriver et à son voyage à l'étranger, il en était impatient.
 
Tom hocha la tête. Il ne pipait mot et se laissait conduire jusqu'à l'appartement de Bill, bien qu'il sache par c½ur où il se trouvait. Bill venait à peine de refermer la porte derrière eux que Tom glissa ses lèvres sur les siennes pour la deuxième fois ce soir-là, et ses mains retrouvaient ses fines hanches. Bill se laissait faire avec plaisir, la chaleur de Tom, ses baisés et son envie l'avaient manqué tellement fort qu'il ressentait une compression intense de joie dans le creux de sa poitrine.
 
Il ne se posa pas plus de question, cessa de réfléchir et laissa Tom les guider.
 
Leurs corps nus sous les draps du lit de Bill se mouvaient sensuellement, ils retrouvaient les sensations oubliées depuis quelques mois et Bill ne cessait de frémir. Ses jambes s'ouvrirent pour laisser Tom accéder à la partie la plus intime de son corps, les unissant. Bill soupira de plaisir sous Tom, mordant gentiment son cou. Son bassin était pris de spasme, poussant vers l'avant. Leurs deux corps tremblaient de plaisir.
 
« Tom..., » haleta Bill, sans qu'il ne puisse se retenir.
 
Tom était dominé par son instinct, les amenant jusqu'au plus grand des plaisirs. Il s'effondra doucement sur le corps transpirant de Bill et embrassa sa mâchoire. Bill passait sa main à la racine des cheveux de Tom, les massant délicatement.
 
« On va prendre une douche ? »
 
Tom prit la main de Bill et ils allèrent se laver tranquillement, Bill toujours sur son petit nuage à quelques lieux de là, perché dans le ciel.
 
De retour dans le lit, ils s'allongèrent l'un en face de l'autre, souriant tendrement.
 
« Tu savais qu'un jour je reviendrai vers toi ? » chuchota Bill. Tom hocha la tête légèrement. « Mais c'est encore toi qui est venu au final... »
 
« Ce n'est pas l'important. »
 
Bill gesticula mal à l'aise. « J'ai surement fait une erreur en te quittant, » confessa Bill. Il sentit quelque chose dans le creux de son ventre s'alléger à ces mots. « Je pensais que notre routine aller tuer notre couple, finalement c'est moi qui l'ai tué. »
 
« Tu avais besoin d'espace je suppose, » tenta Tom. Il parlait tout aussi bas que Bill. Ses doigts jouaient avec les cheveux de Bill.
 
Doucement mais surement Bill s'apaisa et se laissa submergeait par les sensations que Tom lui procurait juste par sa présence. « Je suis désolé, » souffla Bill, « même si ça ne vaut rien, je te le dis quand même. » Il ferma les yeux, se laissant aller sous les doigts de Tom.
 
Ceux-ci descendaient le long de son dos retraçant des courbes imaginaires.
 
« Est-ce que tu es toujours avec Charlsie ? » demanda Bill innocemment. Il ne remarqua pas le regard perturbé de Tom.
 
« Charlsie est une longue histoire Bill. »
 
« J'ai toute la nuit devant moi, » sourit-il, les yeux entrouverts.
 
« Elle est la fille de la meilleure amie de ma mère. Elle a toujours eu le béguin et ... » Bill ouvra les yeux plus grand et encouragea Tom. « Et on est sorti un soir, ça a collé plutôt pas mal mais je ne l'aimais pas, elle était juste sympa. »
 
« Pourquoi était-elle là à Thanksgiving ? »
 
Tom joua avec son piercing nerveusement. « Je l'ai invité. »
 
« Pourquoi ? »
 
« Pourquoi tu poses toujours tant de question ? » Bill haussa les épaules, attendant la réponse. « Ma mère l'aime beaucoup tu sais et elle trouvait que c'était bon pour moi de voir quelqu'un d'autre après que tu m'aies, tu sais, quitté. Un soir je la raccompagnais et elle m'a invité, comme tu l'a fais ce soir. »
 
Bill haussa les sourcils, Tom ne le perçut pas dans la pénombre. Tom avait couché avec une fille et au lieu de le faire se sentir mal, il se moqua de lui.
 
« Arrête de rire, » dit Tom, tapotant le front de Bill du bout de ses doigts. « Elle est enceinte. »
 
Bill se figea immédiatement avant d'expirer fortement. Il fallait qu'il assimile clairement l'information, et ce n'était pas la chose la plus simple à faire. Il avait osé penser un instant que Tom et lui, après cette nuit, allaient se remettre ensemble et maintenant il se rendait compte que c'était une possibilité pratiquement nulle.
 
« Tu l'aimes ? »
 
« Je ne sais pas, » avoua Tom.
 
C'était assez d'informations et de nouvelles pour la soirée. Bill voulait juste dormir et se blottir dans les bras de Tom pour la nuit, en profitant de sa chaleur. Il enfonça son visage dans le cou de Tom et ferma les yeux, attendant que le sommeil arrive. Tom enroula ses bras autour de ses épaules et sa taille.




A suivre ...     
 



C'est pas que j'appréhende, mais en fait si, un peu... beaucoup.
Ça faisait un bon bout de temps que cette idée se baladait dans mon ordi et là voilà enfin.
J'espère que ça plaira à ceux qui sont restés dans les parages ... éè


Special Gift (2/2)                25/04/2011

 
Special Gift____              
 


     
Partie 02

 
Bill s'impatientait, il tournait avec énergie la petite cuillère dans la tasse devant lui.
 
« Il nous a fait promettre de ne rien te dire, » finit par lâcher Andreas. Il regardait Bill avec une légère lueur de crainte dans ses yeux. « Ce n'était pas à nous à te mettre au courant de ça. »
 
« Depuis combien de temps ? » demanda brusquement Bill. Andreas ne semblait pas daigner répondre. Il se mordait nerveusement les lèvres et son regard fuyant trahissait son appréhension. « Combien de temps, bordel ? » s'écria Bill, sa main rencontrant violemment la table.
 
Andreas laissa échapper un soupir las. « Trois mois, peut être quatre. » Laissant le goût amer que quatre mois était bel et bien le temps réel pendant lequel Bill avait été dans l'ignorance.
 
Bill se leva, regardant par la fenêtre dos à Andreas. Il se sentait comme trahi, ses meilleurs amis lui avaient caché une chose si importante. Au fond, il savait que c'était pour le protéger mais Bill ne voulait pas qu'on le protège, il voulait être au courant, il aurait sans doute apprécié un peu de sincérité. Quitte à ce que cela brise son c½ur un peu plus. Maintenant, il était juste en miettes et rien ne pourrait le remettre en état aussi bien que l'amour de Tom.
 
« Il l'aime... » Marmonna-t-il, plus pour lui que pour Andreas. Cette réalité lui revint subitement, son corps entier était comme propulsé hors de la pièce, hors de ce petit cauchemar qui prenait forme petit à petit sous son regard impuissant.
 
La main d'Andreas se resserra sur l'épaule de Bill dans un geste réconfortant.
 
« Tu en sais plus, n'est-ce pas ? » Bill s'obstinait à ne pas faire face à son ami. Il le sentit opiner. « Je suppose que je ne veux pas le savoir ? »
 
« Tu devrais avoir une plus longue conversation avec Tom. »
 
Bill baissa la tête, ses yeux grands ouverts emplis de larmes qu'il ne voulait pas laisser couler. « Je... » Il se dégagea doucement de l'emprise d'Andreas, « je vais retourner chez moi, ok ? »
 
Il attrapa ses affaires et salua Andreas avant de traverser le couloir et atteindre son propre appartement, juste en face de celui de son meilleur ami.
 
La porte enfin fermée, il inspira profondément et pressa sa main contre sa bouche, retenant un temps soit peu les émotions qui prenaient le contrôle de son corps. Machinalement, il trouva le chemin pour aller s'écrouler lamentablement sur le canapé, d'où il ne comptait pas bouger avant des mois, peut pas avant que Charlsie n'ait finie par accoucher et gâcher sa vie.
 
Après réflexion, c'était sans doute de sa faute si Tom et lui se retrouvait dans cette situation. Un bruit sourd passa la barrière de ses lèvres et il laissa son menton trembler.
 
 
**
 
 
Les jours suivant furent éprouvants pour Bill. L'information atteignait enfin clairement et distinctement son cerveau et les conséquences qui allaient avec se firent nettes. Bill essayait de se faire à l'idée qu'il ne retrouverait plus ce qu'il avait quitté. Tom serait différent, sciemment ou non. Au fond, il gardait l'espoir insensé de pouvoir récupérer son histoire d'amour là où il l'avait laissée. C'est là que tout prenait forme : il savait ce qu'il perdait mais il n'avait aucunement connaissance de ce qu'il allait gagner en retour.
 
Il se rongeait les freins de ne pas aller frapper chez Tom et de piquer une crise, de colère ou de panique. Il laissait passer un peu de temps, avant de voir Tom en tête à tête. Sa réaction était pour le moment imprévisible et Bill n'aimait pas ça, il aurait voulu pourvoir contrôler cette situation, pourvoir contrôler ses sentiments et les anéantir définitivement.
 
Malheureusement, rien n'était plus compliqués que les sentiments humains.
 
Il souffla et reposa son stylo. Son devoir pour la fac était terminé, demain serait son dernier jour dans cet établissement et il pourrait en profiter pour planifier concrètement son projet de voyage. Avec tout ce qui s'était passé en quelques semaines, Bill avait pris la décision irrévocable de partir loin de ses racines. Il se disait que changer d'air et d'horizons ne pouvait que lui être bénéfique.
 
Il fut coupé dans sa réflexion par son téléphone. Sans regarder l'émetteur, il décrocha :
 
« Allô ? »
 
« Euh... hey, c'est Tom. Tu ne m'as pas rappelé après l'autre soir, encore une fois. » Sa phrase fut ponctuée d'un petit rire, que Bill ne savait pas, gêné ou nerveux.
 
« Oui. Tu veux quoi ? »
 
« Est-ce que tu m'en veux ? »
 
C'était au tour de Bill de ricaner. « Tu fais référence au fait de m'avoir baisé et dit qu'une autre fille attendait ton gosse, ou le fait de m'avoir cacher la vérité pendant des mois et m'avoir fait croire que tout pouvait redevenir comme avant ? »
 
« Je suppose que ça veut dire oui. »
 
« Mais bien sûr que je t'en veux, triple idiot ! » commença à s'emporter Bill. Mais il se reprit rapidement, il devait garder le contrôle.
 
« On devrait se voir, tu ne crois pas ? »
 
Bill hésitait, il avait le devoir de dire oui, mais tout son corps repoussait cette idée.
 
« Ok. Demain soir, au bar, à dix-huit heures. Ne soit pas en retard. » Il raccrocha sans attendre la réponse de son interlocuteur.
 
Son téléphone valdingua sur le comptoir de la cuisine, alors qu'il reprenait son souffle. Il enfouit son visage entre ses mains, réprimant un petit cri qui avait envi de sortir. Demain soir n'allait pas être une soirée plaisante, Bill voulait des réponses et était déterminé à les avoir. Son c½ur était déjà en morceau alors autant l'achever une bonne fois pour toute et le laisser se remettre sur pieds comme il le pouvait.
 
 
**
 
 
Cela faisait une demi-heure que Tom était arrivé au bar. Bill sirotait sa bière évitant autant que possible le regard de Tom. Aucun d'eux n'avait pipé mot. De son côté, Bill se disait que ce n'était pas à lui de faire le premier pas, mais d'un autre point de vue Tom était toujours celui qui incitait Bill à parler et peut être que pour une fois (la dernière certainement) il pouvait faire un effort.
 
« J'ai parlé avec Andreas la semaine dernière, » commença-t-il sans tourner autour du pot. Il sentit Tom se raidir en face de lui ne fixant que les fines mains de son homologue. « Il m'a dit que tu me cachais encore d'autres choses. Est-ce que c'est vrai ? »
 
Tom se laissa tomber sur le dossier de sa chaise et passa sa main sur le visage, tandis que Bill le fixait finalement dans les yeux.
 
« Merde Bill, on est plus un couple ! »
 
« Mais je pensais qu'on était ami Tom, ami. »
 
Tom se redressa brusquement, comme piqué à vif. « Tu déconnes ? Dis-moi seulement que tu te moques de moi. » Bill avala sa salive. Tom continua, « tu m'as évité pendant des putains de mois Bill ! Comment est-ce que j'étais sensé comprendre que tu voulais qu'on soit ami. Tu ne venais plus aux soirées du samedi, tu ne t'es même pas montrer au match de Georg à la fin de la saison. »
 
Les garçons reprirent leur respiration alors que tom tenter de calmer ses nerfs en pelote.
 
« C'était trop dur Tom, » avoua Bill. « Je savais qu'en te voyant j'allais me ronger les sangs et me sentir coupable. »
 
Tom haussa un sourcil inquisiteur, poussant Bill à approfondir sa pensée. Il apporta son verre d'eau gazeuse à ses lèvres et avala une petite gorgée pour se donner contenance.
 
« Je... On aurait jamais du rompre. Tu me manques Tom chaque jour, chaque minute, tout le temps, partout. » Il baissa les yeux pensif continuant à débiter des paroles sincères, débordantes de culpabilité. « A la seconde même où je t'ai dit vouloir rompre, j'ai compris que c'était la pire décision que j'avais prise de toute ma vie. Je t'aimais tellement, mais la routine et ma dépendance m'effrayaient... »
 
« Alors tu as fuis, » conclut Tom.
 
Bill acquiesça, « alors j'ai fuis. »
 
C'était la première fois qu'il osait dire ces paroles à haute et intelligible voix, Bill se sentait un peu plus léger. Parfois, dire ce que l'on a au plus profond de soi fait un si grand bien, que c'en est presque aveuglant de bien être. Bill était ébloui.
 
Tom passa furtivement la main sur le dos de celle de Bill, avant d'empoigner de nouveau son verre.
 
« A cette époque je t'aurais laissé revenir à bras ouverts, » confia Tom.
 
« Et maintenant ? »
 
« Maintenant tout est différent. »
 
Un silence s'installa entre eux, on entendait juste les bruits de discussions autour d'eux. Ils étaient plongés dans leurs propres pensées dans lesquels chacun se questionnaient. Bill ne savait plus comment s'y prendre avec Tom, son c½ur n'était plus que l'ombre de lui-même. Il s'effritait un peu plus à chaque mot que Tom prononçait et c'était une douleur lancinante. Il appréhendait la suite de la conversation.
 
« Il y a Charlsie, et il y a le bébé, je ne peux pas ignorer cela. »
 
Bill hocha la tête, à la façon d'un automate. « Qu'y a-t-il d'autre ? »
 
Tom remua sur sa chaise et fit face à Bill. Son air grave ne rassurait pas le moins du monde Bill dont les mains étaient moites.
 
« La mère de Charlsie veut qu'on se marie. »
 
La bombe avait été lancée si brutalement que Bill n'avait pas réussi à se protéger convenablement de ses débris qui s'enfonçaient un peu partout sur son corps. Une entaille profonde traversait son c½ur.
 
« On s'est fiancés. »
 
Bill secoua la tête. « Tu... Vous n'aviez pas rompu ? »
 
Tom secoua doucement la tête mais n'ajouta rien. Bill avait l'impression que le karma n'était pas du tout avec lui, que tous les dieux l'avaient abandonné pour une quelconque raison. Et puis il avait décidé qu'il emmerdait les dieux, le karma et toutes autres superstitions. Il emmerdait Charlsie et sa mère. Mais par-dessus tout, il se maudissait si fort d'avoir été la cause de toute cette merde monstre.
 
Il avait été le premier à déclenché le compte à rebours. Tom n'allait certainement pas l'attendre gentiment jusqu'à ce qu'il se décide à revenir vers lui. Alors, oui les paroles doucereuses que Tom lui avait dites lors de leur rupture étaient une vérité, mais son application était loin d'être concrète. Bill avait été bercé d'illusion jusqu'à ce jour, l'illusion que Tom aurait abandonné terre et mer pour qu'ils se remettent ensemble.
 
Aujourd'hui, il se prenait une immense claque.
 
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demanda Bill avec hésitation.
 
Tom haussa les épaules et s'affaissa sur sa chaise. « Je n'sais pas Bill, je n'sais pas... »
 
Bill tourna la tête pour ne pas que Tom voit ses yeux s'humidifier. Il se mordit les lèvres. La chaude main de Tom s'imposa sur la sienne et la serra.
 
« Tout est ma faute, » admit Bill, la voix chevrotante.
 
« Ne pleure pas Billy, tu sais que je n'aime pas ça. »
 
Bill hocha la tête et sécha son visage avec sa main libre. « Est-ce que tu m'aimes toujours un peu ? » Bill regardait Tom sous ses cils humides.
 
« Oui. »
 
« Est-ce que tu aimes Charlsie ? »
 
« Elle est la mère de mon enfant. »
 
Bill secoua la tête. « Non. Est-ce que tu l'aimes ? »
 
Tom détailla le visage de Bill. « Je l'apprécie énormément, je ne pourrais jamais lui faire de mal. »
 
L'estomac de Bill tomba dans son ventre. Son organe cessa de battre le temps d'une seconde. Il vida sa bière, dont il ne restait que le fond et se hâta d'enfiler sa petite veste. Il fallait qu'il quitte cet endroit, l'odeur de Tom l'entourait et ça le rendait dingue de savoir que désormais une autre personne que lui pourrait le sentir si proche. Ses mains tremblèrent et ses jambes flageolèrent alors qu'il essayait de se lever.
 
« Je suis désolé Bill. » Tom se redressa et proposa une main d'appui.
 
« C'est moi qui suis désolé Tom, j'ai été si bête et naïf. » Il attrapa la main de Tom et se retrouva nez à nez avec lui, qui s'était mis sur ses pieds à son tour. « Je m'en veux de me mettre dans un état pareil. »
 
Tom l'attira contre lui et l'enlaça. Il enfouit son nez derrière l'oreille de Bill et marmonna « Pardon Billy, pardon. »
 
Bill le serra contre lui aussi longtemps qu'il le put. Il aurait souhaité que l'instant se fige et que plus rien autour d'eux ne continue de tourner. Cependant, il finit par se détacher de Tom, un petit sourire triste peint sur son visage. « On se reverra ? »
 
« J'y compte bien. » Tom caressa le doux visage angélique de Bill de sa paume et déposa ses lèvres sur celles de Bill. C'était un effleurement, si futile, mais tellement intense que Bill en eut des frissons.
 
« A bientôt, je suppose. »
 
Bill s'échappa de l'emprise de Tom, avant de lui sauter dessus comme un sauvage et de faire Charlsie doublement cocue.
 
 
**
 
 
Bill s'était finalement échoué dans les bras d'Andreas qui l'avait dorloté jusqu'à ce qu'il s'endorme dans la chambre d'ami.
 
Lorsqu'il s'était réveillé et avait réalisé que tout ceci était bel et bien la réalité des choses, Bill recommença à pleurer à chaude larme, alarmant Andreas qui veillait sur lui. Il avait repris Bill dans le creux de ses bras, caressant son dos et apaisant du mieux qu'il le pouvait ses sanglots.
 
Mais il n'était pas Tom, et Bill ne se calmait que difficilement sans Tom. Cette pensée le heurta si fort qu'il en sanglota davantage. Il n'allait pas s'en sortir, comment pouvait-il ?
 
« Tu vas venir habiter quelques temps chez moi. Ca te dit ? » Andreas passa un mouchoir en tissu sur le visage rougi de Bill et l'essuya grossièrement. « Une collocation, le temps que tu ailles mieux. »
 
Bill se laissa tenter par l'idée, ne voulant pas rester seul pour le moment. « D'accord. »
 
« Génial ! » s'enthousiasma Andreas. « Je vais aller te chercher quelques affaires chez toi, si tu veux. »
 
Bill sourit en voyant la joie spontanée de son ami. « Je vais y aller, ne t'en fais pas. » Il se leva, sa tête bourdonnait et ses yeux semblaient vouloir sortir de leurs orbites. « Je reviens dans quelques minutes. »
 
Andreas hocha la tête et serra l'épaule de Bill pour lui donner du courage. Ce à quoi Bill répondit par un hochement de tête de remerciement.
 
Lorsqu'il poussa la porte de son appartement, Bill sentit la solitude imprégnée dans chaque objet de toutes les pièces. Il était sur de ne pas vouloir rester seul, du moins pour le moment. Il passa par sa chambre et son regard se figea sur la photo de lui et Tom posée sur sa table de chevet. Il s'assit sur le rebord du lit et attrapa le cadre.
 
S'il avait vu cette scène dans un feuilleton télévisé, il se serait surement moqué. Mais là, rien ne le faisait rire. Il caressa le sourire de Tom à travers le verre du cadre. Après quelques secondes, peut être quelques minutes, sans bouger, il reposa le cadre, face contre le bois pour ne plus voir leurs visages heureux qui lui broyer les entrailles.
 
Après avoir enfouis le plus gros de son nécessaire de toilette et de ses affaires, il referma la porte de son appartement derrière lui, se jurant que quand il y reviendrait, il serait de nouveau le Bill enjoué et positif qu'il avait toujours été.
 
« On ne peut pas dire que tu voyages léger ! » s'est moqué Andreas.
 
« Tais-toi, et laisse entrer la larve chez toi. »
 
Andreas sourit tristement et s'écarta pour laisser le champ libre à Bill. Il souffla, comme qu'il s'apprêtait à entrer sur un ring de boxer dont l'adversaire était le meilleur du comté, avant de se retourner et suivre Bill à l'intérieur.
 
 
 
**
 
 
Ce soir là, Georg avait préparé une fête chez lui. Riley était étincelante, Mélissa resplendissait au bras d'Andreas. Bill les admirait. Il souriait poliment et affiché son plus bel air enjoué lorsque des connaissances venaient lui faire la conversation. Et selon Andreas, il s'en sortait comme un chef.
 
Voilà maintenant une quinzaine de jours que Bill vivait à plein temps chez son ami et il le ressentait comme un poids. Il avait la nette impression qu'il entravait à la bonne relation entre Andreas et Mélissa et il ne voulait pas les gêner. Il avait pris la décision que dès le lendemain il retournerait chez lui, au moins pour dormir et laisser l'intimité nécessaire au couple lorsqu'il était chez son ami. Il n'en avait pas encore parlé à Andreas, mais il savait qu'il ne l'empêcherait pas.
 
Bill n'écoutait même plus ce que le joli garçon en face de lui racontait. Apparemment, il complimentait Bill sur sa tenue.
 
« Merci, » balança Bill au hasard.
 
La réponse semblait plaire au joli brun car il sourit et s'approcha imperceptiblement de Bill. « Tu ne m'as pas écouté une seule seconde, » s'amusa-t-il.
 
Bill secoua la tête. « Si bien sûr que si ! »
 
« Quel est mon prénom ? »
 
« Oh euh... » Bill le dévisagea un instant, avant que son attention ne soit porté sur les personnes qui arrivaient. « Tom. »
 
Le brun qui semblait en tout point un garçon raisonnable et sympathique suivit le regard de Bill. « Un ami ? »
 
Les yeux de Bill revinrent s'encrer dans ceux de l'homme face à lui et se noyer dans la profondeur de ses iris bleutés. « Un ex, » corrigea-t-il. Mais il ne voulait pas s'engager sur ce terrain. « Alors, tu t'appelles comment ? »
 
« Adrian, et toi ? »
 
« Bill, » lui sourit-il.
 
Ils engagèrent une discussion qui détourna l'attention de Bill sur le couple que formait Charlsie et Tom de l'autre côté de la pièce. Il priait les dieux qu'il avait préalablement emmerdé que Tom ne le remarque pas de la soirée.
 
La petite fête était finalement bien sympathique, Adrian était un gentil garçon et Bill passait un très bon moment en sa compagnie. Il riait un peu, buvait quelques coupes de champagnes frais. Il n'avait pas passé une si bonne soirée depuis si longtemps qu'il s'en délectait. Il s'installa aux côtés d'Adrian sur le sofa dans le salon et détailla son profil tandis que celui-ci lui parlait de son dernier voyage en Australie.
 
Son nez parfaitement droit et ses cils courts mais courbés le rendaient irrésistible. Sa barbe de quelques jours lui donnait ce côté viril qui attirait beaucoup Bill. Et la façon dont ses lèvres se retroussaient le fascinait. L'alcool aidant, il le trouvait tout à fait à son goût.
 
La main d'Adrian vint effleurer le côté de la cuisse de Bill avant de finalement se faire audacieuse et se poser dessus.
 
« Hey ! »
 
Bill et Adrian détournèrent leur regard vers la personne qui les interrompait. Tom se tenait juste devant eux, deux verres à la main. Adrian avait sentit Bill se crisper sous ses doigts et lui offrit une pression rassurante.
 
« Salut Tom. Je te présente Adrian, Adrian, voici Tom. » Bill avala une gorgée de la boisson pétillante, et sourit sincèrement en entendant Adrian se présenté chaleureusement à son ex-petit-ami.
 
« J'ai pensé qu'on aurait pu parler une seconde tous les deux, » finit par proposer Tom, à l'attention de Bill.
 
Bill se tourna vers Adrian, apparemment embarrassé. Celui-ci hocha la tête. « Je vais aller faire un tour et remplir ta coupe, » dit le brun, souriant en s'éloignant de Bill et Tom.
 
Tom tendit un des deux verres à Bill. « On se trouve un coin plus au calme ? »
 
« Que va dire Charlsie si elle ne te voit plus ? »
 
« Et Adrian ? »
 
Bill fronça les sourcils. « Il est vraiment charmant. »
 
Tom haussa les épaules et guida Bill à l'étage. Il ouvrit la première porte qui s'avérait être la chambre d'ami. Subitement, il arracha le verre que Bill tenait dans sa main et le déposa au sol avec le sien, avant que son corps entier s'aligne contre celui de Bill.
 
Bill resta stoïque, surpris par le comportement de Tom. Puis il le repoussa. « A quoi tu joues ? »
 
« C'est si dur de rester loin de toi. Et te voir parler avec ce mec, c'est insupportable. »
 
Le sang de Bill ne fit qu'un tour. « Espèce de trou du cul égoïste et jaloux ! J'ai le droit et même le devoir de fréquenter d'autre personne que toi. Je ne t'appartiens pas, je ne t'appartiens plus Tom. Tu es avec Charlsie et tu oses m'interdire de voir quelqu'un d'autre. Et puis d'ailleurs on vient à peine de se rencontrer donc théoriquement... »
 
Sa phrase resta en suspend alors que les lèvres charnues de Tom fondaient sur les siennes. Un soupire non retenu s'échappa de sa bouche tandis qu'il répondait au baisé houleux de Tom. Il faisait une connerie, mais une si belle connerie. Il ne savait plus comment arrêter ces lèvres sucrées qui lui chatouillaient maintenant le cou. Tom lécha l'arrière de l'oreille de Bill qui laissa sortit un gémissement envieux. Il voulait Tom, tellement. Mais ce gémissement fut la sonnerie d'alarme.
 
Il le repoussa et s'écarta aussi loin qu'il le put.
 
« Ne joue pas avec moi Tom, ne fait pas ça. » Bill récupéra sa coupe de champagne.
 
Tom avait les mains appuyées sur la porte, dos à Bill, la tête enfouie entre ses bras. « Je sais plus quoi faire Bill, » murmura-t-il. « Charlsie devient insupportable, sa mère est toujours sur mon dos. Je suis pris au piège, je ne veux même pas me marier avec elle. »
 
Bill s'assit sur le bord du lit. « J'en ai marre Tom, je ne peux pas supporter tes sautes d'humeur. Un soir on couche ensemble, la semaine d'après tu me dis que c'est impossible et maintenant tu cours dans mes bras. Qu'est-ce que je suis sensé faire ? »
 
Tom se tourna vers Bill. « Rien, tu ne dois rien faire. Je n'ai pas le droit de te faire subir ça, je le sais. Mais c'est plus fort que moi. Mes sentiments sont incontrôlables. »
 
Bill tapota le lit, invitant Tom à s'y asseoir. « Tu sais, je crois que cette situation ne s'arrangera jamais. » Il enlaça ses doigts à ceux de Tom et lui sourit, les larmes plein les yeux. « Il nous faut un break, un vrai break. »
 
Leurs doigts jouaient ensemble comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Tous les deux pleuraient, les yeux dans les yeux. Ils se retrouvaient au fond d'une impasse avec aucun moyen pour faire demi-tour.
 
« Je vais partir, j'ai acheté mes billets d'avion la semaine dernière. »
 
Tom se mordit la lèvre. « Quand ? »
 
« Dans un mois. »
 
Tom hocha la tête et aucun des deux garçons n'ajouta un mot. Ils profitaient simplement de la présence de l'autre le temps d'une dernière soirée. Bill se pencha vers Tom et déposa un long baisé sur son front. Il ferma si fort les yeux qu'il en avait mal. Il savait qu'il avait pris la meilleure décision, et ce pour leur bien à tous les deux. Mais c'était dur de quitter l'homme qu'il aimait de tout son être.
 
Les mains de Tom encadrèrent le visage mouillé de Bill. Ils s'embrassèrent, doucement, avec affection et délicatesse. Ils se transmettaient leur amour dans ce simple baisé mouillés de larmes qui coulaient sur les joues. Les longs cils de Bill balayaient les joues de Tom. Ses mains étaient crispées dans la nuque des Tom et il s'accrocha désespérément à cette dernière preuve d'amour.
 
« Je t'aimerai toujours Tom, » souffla Bill contre les lèvres de Tom.
 
« Idem Billy, idem. »
 
Une dernière pression et Bill se détacha définitivement de Tom et rejoignit les convives en bas, non sans passer avant tout dans la salle de bain arranger son visage souillé.
 
 
**
 
 
L'aéroport était bondé, Bill transpirait à grosse goutte et une boule de stresse s'était installé dans le creux de son estomac. Il venait de déposer ses bagages et attendait patiemment ses amis. Ils étaient tous sensés arriver d'une minute à l'autre pour lui souhaiter un bon voyage.
 
« Hey, calme-toi, » chuchota une voix dans son oreille. Un corps chaud et musclé se colla à son dos. « Tu verras, l'Australie c'est merveilleux. »
 
Bill se tourna face à Adrian et enroula ses bras autour de son coup. « Je l'espère. »
 
Ils s'étaient mis ensemble peu après la soirée de Georg. Adrian savait que Bill n'était pas amoureux de lui, mais il était indubitablement attaché à lui. Et la réciproque était vraie. Il formait un petit couple très beau et heureux. Adrian aidait beaucoup Bill et il savait qu'il redoutait cet instant.
 
« Je te montrerai tous les beaux coins à ne pas louper, » sourit-il.
 
« Je suis content que tu viennes avec moi. » Bill déposa ses lèvres sur celles d'Adrian. Ils se sourirent sincèrement.
 
La petite bande d'amis arriva finalement à l'aéroport. Tout le monde était là, et Bill se sentait si heureux de les voir. Il ouvrit ses bras vers eux et Andreas courut immédiatement dedans. Un câlin général s'en suivit et de longues accolades emplir de « appelle-nous ! » ou encore « on passera pour les vacances » mais aussi « on t'enverra la photo du bébé ».
 
Bill hochait la tête, les yeux humides. Il les regarda et soupira. « Vous allez me manquer ! »
 
Adrian restait en retrait, les laissant profiter de ce moment. « Il va falloir y aller, Bill. »
 
Bill secoua la tête, il attendait que Tom arrive d'un moment à l'autre. Il lui avait promis de venir à l'aéroport. « Je suppose qu'il ne viendra pas, » marmonna-t-il pour Adrian. Celui-ci lui fit un regard désolé et posa sa main sur ses reins. « Allons-y ! »
 
Ils firent un dernier mouvement de main vers les mis de Bill qui étaient aussi devenus, suivant le cours des choses, ceux d'Adrian. Ils s'engouffrèrent dans la voix d'embarquement sans jeter un autre regard en arrière, sinon Bill se sentait sur le point de pleurer comme une mauviette. Il rit doucement à cette pensée et Adrian lui sourit, ébouriffant ses cheveux et déposant un baisé dans ceux-ci. Bill passa son bras sur les hanches de son petit-ami et ils s'envolèrent pour l'Océanie.
 
Cependant, ce que Bill avait loupé, était Tom, courant vers eux et demandant à Georg ou était Bill. Il avait une jolie peluche en lapin blanc dans sa main. Ses épaules s'affaissèrent lorsqu'il aperçut le petit couple, partir joyeusement vers l'avion qui mènerait Bill loin de lui pendant au moins une année entière.
 
Gustav entoura Tom ses épaules de son bras et le fit faire demi-tour.
 
Bill était vraiment parti, Tom allait vraiment avoir un bébé. Ils prenaient des chemins si opposés que l'un comme l'autre se demandait si un jour leurs chemins allaient se recroiser.



 




FIN.








Bonsoir ! Et donc voilà la suite et fin de cette fiction.
Cependant, il y aura un séquelle car je ne compte pas laisser Tom et Bill comme ça.
Celle-ci viendra dès que possible (révisions et partiels obligent).

Je passerai sans doute corriger les fautes monstres qu'il doit rester dans cette partie.
Vous m'excuserez de ne pas le faire maintenant.
En espérant que cette suite vous a plu, je vous embrasse.

 

The best gift ever 01/05/2011




The best gift ever___              
 


 
 

Une alarme sur l'ordinateur de Bill le fit sursauter et se réveiller brusquement. Il ouvrit son laptop et fut agréablement surpris de voir Tom sur l'écran.
 
« Hey, » salua Tom. « Je t'ai réveillé ? »
 
« Je sais pas quelle heure il est chez toi, mais en Australie c'est encore la nuit ! » bouda Bill. Il se frotta les yeux et s'assit plus confortablement sur le lit. Il arrangea sommairement ses cheveux et fit un petit sourire à Tom.
 
Cela faisait maintenant plus d'un an que Bill était parti pour l'Australie. Là-bas, il avait recommencé une toute nouvelle vie et s'épanouissait merveilleusement bien dans son travail. Grâce à Adrian, il avait été embauché dans un parc animalier. Il s'occupait surtout de la boutique à souvenirs, mais dès qu'il avait un peu de temps pour lui, il s'éclipsait rendre visite aux animaux.
 
« Adrian n'est pas là ? » demanda Tom.
 
Bill secoua la tête. Il sembla hésité une seconde puis se dit que de toute façon Tom n'allait pas émettre son avis. « On a rompu il y a une semaine. »
 
« Oh, » laissa échapper Tom. Il pencha la tête et une petite grimace lui échappa. « Je suis désolé Billy. »
 
Bill fit un geste de la main pour clore le sujet. Il se demandait s'il pouvait demander à Tom des nouvelles de sa nouvelle famille, bien qu'il ne sache pas si cela était approprié ou non. Il se mordit la lèvre et gesticula, faisant bouger la webcam.
 
« Est-ce que tout le monde va bien ? »
 
«  Eh bien, si tu veux parler de nos amis, ils filent tous le parfait amour. D'ailleurs, Mélissa a prévu une petite soirée dans peu de temps pour fêter l'anniversaire d'Andreas. Le pauvre, lui qui déteste les surprises... »
 
Bill sourit sincèrement. « Je paierai cher pour voir sa tête ! »
 
Les deux garçons s'observèrent à travers leurs écrans pendant un court moment.
 
« Et toi, comment ça se passe avec Paul ? »
 
« Il fait enfin ses nuits, je suis content. Ca nous laisse du temps pour souffler Charlsie et moi. »
 
Le sourire sincère de Bill se transforma en un sourire plus commercial. Avec le temps, il s'était réellement fait à l'idée que Tom ait sa propre famille dont il était maintenant un étranger.
 
« Regarde la photo que je t'ai envoyé, » ajouta Tom.
 
Bill ouvrit le fichier. Il fallait bien l'admettre, le petit Paul ressemblait à un petit ange dans sa grenouillère bleue et un petit lapin blanc fermement serré contre son petit corps à la peau laiteuse. Bill sourit niaisement et oublia un instant que Tom l'observait. Ce petit bout n'avait rien de sa mère, il était le portrait tout craché de son père.
 
« Il est tellement mignon, » souffla Bill, si doucement qu'il se demandait si Tom avait pu l'entendre.
 
Ils continuèrent à parler encore un long moment. Bill était épuisé mais il s'en fichait. Il pensait que les liens qu'il reconstruisait avec Tom lors de ces moments étaient précieux. Dorénavant, il ne souhaitait plus coûte que coûte retourner avec Tom. Tout ce qu'il souhaitait était d'entretenir des relations amicales. Après tout, Tom était maintenant un homme casé avec une famille. Bill n'avait pas le droit de s'immiscer.
 
A la fin de la conversation, Bill se sentit léger et de bonne humeur. C'était le matin et une nouvelle journée chaude et ensoleillée s'annonçait. Il commençait vraiment à se demander si un jour il pourrait quitter ce pays dont il était tombé amoureux.
 
 
**
 
 
Bill poussa la porte du restaurant pour y retrouver Adrian. Il le serra furtivement dans ses bras à s'assit face à lui. Il souffla et se détendit an buvant la citronnade fraiche qu'Adrian avait commandé pour lui.
 
« Dure journée ? »
 
Bill hocha la tête. «  Je suis épuisé ! »
 
« Ca veut dire que tu ne veux pas sortir ce soir et aller à la fête sur la plage à laquelle le beau Eric participe ? »
 
Bill regarda intensément Adrian sous ses longs cils. « Eric n'est pas mon genre, mais plutôt le tien. »
 
Adrian rit. « On verra ce que tu diras ce soir lorsqu'il t'invitera à passer la nuit chez lui. »
 
Bill ouvrit sa bouche pour protester, il n'était pas ce genre d'homme à dire oui à un beau surfeur juste pour une nuit. Non, ce n'était pas lui. Finalement, il referma la bouche, résigné. « Bon, peut être que je pourrais faire une exception pour lui, mais ça ne comptera pas. »
 
Adrian se moqua de Bill. « Bien sûr, Eric ne compte pas. »
 
L'ambiance était bonne enfant. Ils avaient rompu d'un commun accord et s'entendaient toujours à merveille. Adrian aimait taquiner Bill, Bill aimait passer du temps avec Adrian. Il avait trouvé en lui un véritable soutien et un ami fidèle. Leur relation plus qu'amicale n'avait été pour Bill qu'un plus. Ils n'étaient pas amoureux l'un de l'autre mais ils éprouvaient un sentiment fort et sincère quant à l'autre. Tout ce que chacun souhaitait était le réel bonheur de l'autre.
 
La soirée et la fête sur la plage arriva bien rapidement. Adrian et Bill arrivèrent bras dessus, bras dessous fin prêt à fêter ce début d'été sur les côtes australiennes. La première chose que Bill aperçut fut Eric, du haut de son mètre quatre-vingt-dix qui l'observait. Adrian lui donna un coup de coude et Bill lui rendit un tape sur la sommet du crâne.
 
« Va t'amuser petite crapule ! » Adrian poussa Bill vers le beau blond près du feu.
 
Et ce que Bill fit. Il passa la soirée avec Eric, il était charmant, blond et musclé. Bill se laissa pour la première fois de sa vie aller à ses envies et suivre son instinct masculin. Et celui-ci lui disait qu'Eric était très sexy.
 
De fil en aiguille, Eric et Bill finirent par passer la nuit ensemble, puis le jour d'après, ainsi que le suivant. Il n'était pas un couple, mais il n'était plus célibataire. Bill se sentait bien dans cette relation qui ne l'obligeait à rien à part à se laisser aller aux côté d'un homme plus que charmant.
 
 
**
 
 
Comme à son habitude, Tom réveilla Bill en pleine nuit pour une discussion. Mais cette fois, quelque chose semblait sonner différemment. Bill fronça les sourcils en voyant Tom. Il attrapa son ordinateur et sortit de la pièce pour ne pas réveiller Eric qui dormait encore à poing fermé.
 
« Qu'est-ce qui se passe Tom ? » s'inquiéta Bill.
 
« J'ai pas pu le faire, » se lamenta-t-il. Tom desserra sa fine cravate et balança sa veste de costard plus loin dans la pièce.
 
Bill réagit enfin. « Tu l'as planté à l'église ? »
 
Tom hocha la tête et souffla fortement avant de laisser glisser une main lasse sur son visage. « Je n'pouvais pas l'épouser Bill, je ne l'aime pas. » Il eut un court instant où Bill n'osa pas dire un mot de plus, stupéfait que Tom n'ait pas pu épouser la mère de son fils. « Je vais tout lui dire pour nous, ce qu'il s'est passé. »
 
« Tu ne l'avais pas fait ! » s'exclama Bill, plus bruyamment qu'il ne l'aurait voulu. Il se mordit la lèvre et jeta un coup d'½il du côté de la chambre. Il fit une lueur de regret dans les yeux pixélisés de Tom. « Désolé, tu fais ce que tu veux après tout. »
 
« Je savais qu'elle ne me le pardonnerai pas. »
 
Bill fronça d'autant plus les sourcils. Quel était le problème de Tom ? Il avait toujours voulu se détacher de l'emprise de Charlsie, et ce depuis que sa mère lui avait forcé la main. Alors là, Bill ne comprenait pas. Il haussa un sourcil interrogateur que Tom ne manque pas.
 
« Je ne voulais pas qu'elle me sépare de mon fils, tu comprends ? »
 
« Elle est garce à ce point ?! » Bill posa immédiatement sa main sur sa bouche, regrettant déjà ses paroles.
 
Tom eut un sourire en coin triste. Il haussa les épaules. « Elle non, sa mère oui. »
 
« Bill, où es-tu ? »
 
Bill tourna la tête et vit Eric au pas de la porte et nu comme un ver. « Je suis tellement désolé Tom, je ne voulais pas que ça se passe comme ça pour toi, » dit-il sincèrement.
 
Eric s'assit à côté de Bill et passa sa main sur son avant bras. Bill tourna le visage vers lui et lui sourit gentiment. « Une seconde, j'arrive, » il déposa un baisé furtif sur ses lèvres, échappant à la webcam. Il ne voulait pas se montrer en spectacle devant Tom. Eric repartit comme il était arrivé.
 
« Tu as de la compagnie ? » demanda Tom. Bill opina. « Je vais te laisser alors, on se reparle très vite ok ? A bientôt Bill, bisous. »
 
L'écran s'éteignit. Bill repoussa l'ordinateur sur la table basse du salon et laissa sa tête reposer sur le dossier du sofa. Il lui fallait du temps pour assimiler la chose. Il était triste pour Tom, mais d'un côté il se sentait bien que Charlsie ne soit pas la femme de Tom. Immédiatement il s'en voulut d'avoir pensé cela.
 
Il vira rapidement ses pensées de son esprit lorsqu'Eric l'appela de nouveau. Bill se leva et trottina jusqu'à la chambre. Il referma la porte et se sentit si léger et luxurieux qu'il s'abandonna complètement entre les mains d'Eric.
 
 
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La saison touristique battait son plein. Bill n'avait pas une seconde de repos à la boutique de souvenir. Une fois Adrian était passé le saluer et ce fut son seul moment de détente dans la journée. On était fin juillet, le climat était clément et attirait les touristes de toutes parts.
 
La journée finie, Bill regagna son appartement vide. Ils avaient cessé de se voir avec Eric peu de temps après la dernière conversation avec Tom. Sciemment ou non, Bill avait arrêté cette relation qui de toute façon n'allait les mener à rien d'autre que du sexe. Dans quelques mois, il retournerait surement en Angleterre même si ça lui brisait le c½ur de quitter l'Australie.
 
On frappa à la porte. « Entre, c'est ouvert, » dit Bill à Adrian.
 
Adrian sauta sur le sofa et embrassa Bill sur le front. « Tu vas bien ? »
 
« Plutôt oui. Et toi ? »
 
Le jeune homme hocha la tête et s'installa confortablement, attirant Bill contre lui. Ils ne bougèrent pas d'un pouce pendant une bonne heure. Ils ne parlaient même pas. Ils profitaient simplement de la présence de l'autre pendant qu'ils en avaient encore le temps. Bill sentait qu'il allait devoir bientôt quitter sa vie sur l'île pour retourner chez son vrai chez lui. C'était peu dire que d'affirmer qu'il n'en avait pas envie.
 
Il soupira. Adrian le resserra contre son torse.
 
« Ta vie est là-bas, » chuchota Adrian, comme s'il avait lu dans les pensées de son ami.
 
Bill se retourna dans les bras d'Adrian et baissa les yeux. « Je sais bien, mais je suis si bien ici. »
 
« Demande-lui de venir. »
 
Bill recula brusquement et écarquilla les yeux. Adrian leva les yeux au ciel devant l'air éberlué de Bill. Il caressa sa joue et lui sourit.
 
« Je suis sûr qu'il voudra bien venir passer quelques jours ici. »
 
« Je sais pas, » lâche finalement Bill. « Et s'il refuse ? »
 
« Alors tu n'auras plus besoin de te ronger les sangs. »
 
Bill croisa les bras sur le torse d'Adrian reposant sa tête dessus. Il encra ses yeux dans ceux de son ex-petit-ami et lui sourit tendrement. « Je t'aime. »
 
« Moi aussi Bill. »
 
Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre jusqu'à s'assoupir.
 
 
**
 
 
« Alors tu voudrais bien ? »
 
« Ce n'est pas si facile Bill, j'ai des engagements ici tu sais bien. Ma boîte vient d'ouvrir, il y a le bébé. »
 
Bill pencha la tête. « Je, oui, je comprends ne t'en fais pas. » Il le lécha les lèvres nerveusement. « Il faut que j'y aille, je t'embrasse Tom. »
 
Il ferma la fenêtre de conversation. C'était rationnel que Tom ne puisse pas se payer de luxe de prendre des vacances maintenant, mais Bill avait espéré de tout son c½ur qu'il en avait un petit pincement au même endroit.
 
« Tonton Bill ! »
 
Le sourire de Bill lui revint immédiatement. Il avait en face de lui, sur l'écran, Elena, la fille de Georg et Riley. Elle était encore petite et ne savait dire que quelques mots, mais les préférés de Bill étaient ceux-là.
 
« On ne te dérange pas ? » demanda Riley accompagné de Georg.
 
« Oh non, je viens de parler avec Tom. »
 
« Quand viens-tu en Angleterre faire un petit coucou à ta filleule ? »
 
Bill haussa les épaules mystérieusement. « Dans peu de temps je suppose, même si quitter l'Australie sera terrible. »
 
« Adrian revient avec toi ? »
 
« On en a jamais vraiment parlé, » avoua Bill. « Assez parlé de moi, comment va ma filleule préférée ? »
 
La discussion était plus légère qu'avec Tom. Il oublia sa déception pour se concentrer sur la petite fille qui gazouillait devant l'écran dans les bras de ses parents. Elle avait les yeux de son père et le petit nez de sa mère. Cette petite puce était si belle.
 
 
**
 
 
Les jours étaient passés et Bill n'avait plus eu aucune nouvelle de Tom. Il pensait qu'il était occupé avec son gosse et son boulot puis il devait aussi gérer cette histoire avec Charlsie.
 
C'était un matin de repos comme un autre. Bill prévoyait d'aller à la plage jusqu'à midi et d'aller faire un petit tour en ville cette après-midi faire quelques courses pour emplir son réfrigérateur qui commençait à être bien trop vide pour nourrir une personne.
 
Il se prépara paresseusement, prenant tout son temps. Personne ne l'attendait, nulle part. Ils s'étaient bien sûr fait des amis depuis qu'il était arrivé ici, mais tous travaillaient aujourd'hui. Il fut alors étonné d'entendre que l'on frappait à sa porte.
 
Il se pressa à attraper ses affaires et ouvrit la porte. Ce devait être le propriétaire qui venait chercher le loyer du mois. Quelle ne fut pas sa surprise de voir face à lui une silhouette si familière et de sentir de si bon parfum qui lui avait finalement manqué.
 
Tout penaud mais souriant, Tom se tenait devant lui, bagages en main et sourire aux lèvres.
 
« Surprise ! »
 
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu venais, espèce d'idiot ! » Bill sauta sur Tom et l'enlaça étroitement.
 
« C'est le but d'une surprise, andouille. »
 
Bill riait joyeusement, sans aucune raison. Que Tom soit là était de toute façon une assez bonne raison pour lui. Il était si heureux de le revoir enfin, en chair et en os.
 
« Entre, » invita Bill. « C'est un peu en désordre, fais pas attention. »
 
Bill servit un verre à Tom avant de l'inviter à venir avec lui à la plage. Il allait peur être passer par la case commission un peu plus tard, ne voulant pas embêter Tom.
 
La matinée se passa le mieux du monde. Ils étaient assis à la terrasse d'un petit restaurant en ville, s'apprêtant à commander un petit quelque chose à manger pour ce midi.
 
« Tu as abandonné le maquillage ? » demanda Tom.
 
Bill secoua la tête. « Je n'en mets pas quand je vais à la plage. » Une question brûlait Bill, il n'avait pas voulu lui demander dans la matinée pour profiter calmement de leurs retrouvailles surprises. Mais il pensait que maintenant il le pouvait tranquillement, même si. « Comment as-tu eu mon adresse ? »
 
« C'est Georg qui me l'as passé, il l'a eu d'Adrian. »
 
« Et Charlsie ? » demanda soudainement Bill. Il s'en voulut une seconde plus tard quand il vit les yeux de Tom se voiler. « C'est pas mes affaires, tu n'es pas obligé de répondre. »
 
Le serveur arriva avec leurs plats. Ils le remercièrent et Bill attrapa une fritte dans son assiette et la mâchouilla. Tom resta silencieux et Bill se demandait s'il ne l'avait pas vexé ou dit quelque chose qu'il ne fallait pas.
 
« Elle n'était pas très contente, » commença Tom. « Mais on aura la garde partagée. J'aurais Paul tout les weekends et pendant mes congés. »
 
Bill hocha la tête sans ajouter un mot de peur de faire une bourde et de gâcher ce moment.
 
« Elle est repartie vivre chez sa mère quand je lui ai dit pour la nuit qu'on a passé ensemble. »
 
Bill sentit ses joues s'empourprer légèrement. Ce n'était clairement pas dans ses habitudes de rougir des choses qu'il faisait mais là était un cas unique. Jamais il n'avait rendu cocu quelqu'un et quelque part, même s'il ne la portait pas dans son c½ur, ça le gênait.
 
« Elle doit te détester. »
 
« Pas vraiment, » corrigea Tom. « Elle savait que ça n'allait pas marcher elle et moi. Malgré tous nos efforts on n'arrivait pas à s'entendre. »
 
« Je suis désolé, » dit Bill.
 
Tom lui donna un coup dans le bras. « Oh ne fais pas comme si tu l'étais, en fait tu te dis juste qu'elle a ce qu'elle mérite ! »
 
Bill regarda Tom à travers ses lunettes de soleil et son sourire le trahit. « Bon, peut être un peu alors. »
 
« Peste ! »
 
« Connard, » sourit Bill.
 
Ca lui faisait du bien. Il avait la sensation étrange de redécouvrir Tom comme quelques années auparavant lors de leur première rencontre. Il se sentait à l'aise et complet à ses côtés et c'était une chose rare et précieuse qu'il ne voulait plus manquer. Maintenant que Tom était là, il se rendait compte que sa volonté de ne vouloir qu'une relation amicale avec lui était peut être vouée à l'échec depuis le départ.
 
Tom avait débarqué en Australie et avait tout chamboulé dans son esprit. Et c'était bon pour lui, ça le ramenait en quelque sorte à la réalité à de laquelle il avait fui il y a près de deux ans.
 
Lorsqu'ils rentrèrent cette nuit-là, épuisés par leur tour en ville et la fête. Bill lâcha, « Rappelle-moi que remercier Adrian pour ça. »
 
Et il laissa Tom dans la chambre d'ami, alors qu'il repartait dans la sienne, prêt pour une nuit de sommeil bien méritée.
 
 
**
 
 
Le lendemain matin, Adrian débarqua avec le petit déjeuner acheté sur la route. Il ouvrit la porte de la chambre de Bill et lui sauta dessus allègrement.
 
« Debout bébé ! Une belle journée t'attend. » Adrian alla tirer les rideaux et laissa entrer les gros rayons de soleil dans la chambre.
 
« Liasse-moi dormir, » grogna bill, cachant son visage sous la couette.
 
« N'y pense même pas. Ton invité est dans le salon prêt à dévorer son petit déjeuner, allé, debout ! »
 
« J'ai pas d'invité... » bredouilla Bill. Soudain il sortit de la couette. « Tom ! »
 
Il sauta hors du lit, et courut presque jusqu'au salon et l'élança sur Tom qui tombé à la renverse sur le canapé. Pendant un instant il avait retrouvé ses dix-huit ans et s'amusait à être un ado fou.
 
« Tu m'étouffes Billy, »  dit la voix époumonée de Tom sous lui.
 
« M'en fiche, » répondit Bill. Il enfouit plus fort son visage dans le creux du coup de Tom.
 
« Bon les gars, vous aurez tout le temps de vous bécoter quand je serai parti. C'est l'heure de manger ! » intervint Adrian, déballant les succulentes viennoiseries.
 
 
**
 
 
C'était déjà la dernière journée de Tom sur le territoire des kangourous. Bill se sentait un peu triste qu'il reparte déjà mais il comprenait qu'il avait d'autres chats à fouetter en Angleterre. Il était allongé dans son lit, Tom repartait le lendemain matin et il hésitait encore. Il ne savait pas quand il aurait l'occasion de le revoir et si ce n'était pas déplacé d'aller le rejoindre dans son lit.
 
Finalement, il n'eut pas à prendre de décision. Tom frappa à la porte et entra discrètement dans celle de Bill. Doucement, ils 'approcha du lit de Bill qui l'invita à y entrer. Il s'allongea face à ce dernier et l'observa à travers les rayons de lune qui s'infiltraient dans la chambre obscure.
 
« Je n'ai pas envie que tu partes, » souffla Bill.
 
« Je n'en ai pas envie non plus. »
 
Bill s'approcha de Tom qui l'enlaça. Tom déposa un baiser dans ses cheveux, sur son front, sur ses paupières, sur le bout de son nez pour finir sur la les lèvres de Bill. Ils soupirèrent à l'unisson. Leurs lèvres se complétaient à merveille et les petites pressions qu'elles exerçaient leurs envoyaient des petits pics d'électricité. Doucement ils entrouvrirent leurs bouches pour laisser le baiser s'approfondir. Leurs langues dansaient lentement mais affectueusement.
 
Tom hissa Bill sur ses hanches et le baiser dériva en une longue succession de baiser mouillés sur leurs corps. Les mains de Tom caressaient les hanches fines de Bill et le souleva et lui retira son sous-vêtement.
 
Nus et transpirants dans le lit de Bill, les doigts de Tom se firent taquin et jouèrent avec les parties intimes de Bill. Son index le pénétra et Bill ne put retenir un coup de bassin vers l'avant. Il mouvait sensuellement sur les doigts de Tom qui s'affairaient à préparer l'entrée.
 
Bientôt, Tom pénétra Bill. Il lui caressa les cheveux et embrassa son torse. Bill gémissait silencieusement. Se retrouver dans cette position avec Tom sur lui le faisait complètement planer. Il n'avait plus conscience d'où il se trouvait ni de ce qu'il faisait. Tout ce dont son esprit pouvait se souvenir était Tom qui emplissait entièrement l'espace. Il se sentait heureux, là dans ses bras, Tom lui faisant l'amour.
 
Cette fois-ci il n'y avait pas de secret, personne qui ne devait être au courant pour eux. Bill avait envie de crier. Tom donna un coup de rein plus puissant et fit trembler Bill.
 
« Ne pars pas, » murmura Bill, les yeux mis-clos, à demi dans un autre monde.
 
Tom lui embrassa le front et les deux jeunes hommes se libérèrent enfin.
 
Bill roula pour se coller à Tom et posa sa tête sur sa poitrine soulevée de lourde inspiration. Il embrassa son torse finement musclé et halé. Tom souleva ses cheveux et souffla dans la nuque de Bill, comme Bill aimait qu'on lui fasse.
 
« Est-ce que tu crois qu'on peut reprendre où on s'est arrêté ? » demanda Bill, presque endormi.
 
Tom sourit. « Non, on va tout reprendre à zéro Billy. »
 
Et Bill sourit, apaisé que Tom redevienne son petit ami.
 
 
 
**
 
 
C'était le grand jour. Tom attendait Bill à l'aéroport. Finalement, Bill s'était décidé à quitter définitivement l'Australie. Les aux revoir avec Adrian avaient été déchirants, il aimait tellement cet homme qu'il se demandait comment il allait faire à vivre sans lui constamment sur son dos à l'embêter.
 
Puis quand il aperçu Tom qui l'attendait avec Paul dans ses bras il fondit. Sa vie était ici avec l'homme qu'il aimait le plus au monde.
 
Il déposa un baiser sur les lèvres de Tom puis sur le front du petit bout dans les bras de son père, le petit lapin blanc toujours contre son petit corps chaud.
 
« J'avais acheté ce lapin pour ton départ. »
 
Bill releva les yeux vers Tom et sourit tendrement. « Tu auras maintenant toute une vie pour m'acheter autant de petite peluche que tu veux. »
 
Et Bill croyait plus que jamais en ses mots. Jamais il n'avait ressentit leur relation aussi forte qu'à cette instant. Il prit le petit Paul dans ses bras alors que Tom se chargeait des valises. Il avait des étoiles plein les yeux et oublia sa haine envers la mère de ce bébé.
 
« Ton papa et moi on va être très heureux, et toi tu seras très gâté par tonton Bill. »
 
« Pas trop gâté quand même, après il sera une teigne avec nous, » sourit Tom.
 
Ils se sourirent et grimpèrent dans la voiture de Tom. Une nouvelle vie les attendait, c'était une dernière chance pour eux et aucun ne comptait la gâché. Ils étaient passés par bien trop de choses pour laisser filer le bonheur entre leurs doigts.
 
FIN.




Voilà, tout est bien, qui finit bien !
Une courte séquelle, j'ai pas voulu m'étendre plus.
J'espère que ça vous plaira quand même et que la fin plus heureuse en contentera plus d'une.
Je vous embrasse ♥